Rav Pessah Eliyahou Falk
Une odeur agréable est une source de grand plaisir.
Dans le monde non juif, les odeurs jouent un rôle immense : il suffit de constater à quel point l’industrie de la parfumerie est développée dans le monde entier.
Dans le monde de la Torah, les odeurs occupent elles aussi une place importante.
Nos Sages, de mémoire bénie, ont même institué des bénédictions particulières pour les odeurs agréables, bien qu’elles ne nourrissent nullement le corps et ne fassent que procurer du plaisir. Il est intéressant de constater que le nombre de bénédictions sur les odeurs est comparable à celui des bénédictions sur les aliments : les Sages distinguent cinq bénédictions pour les différentes sortes d’odeurs (boré atsé bessamim, boré issvé bessamim, chénatan réa’h tov lapérot, boré chémen arév, boré miné bessamim) et six pour les différentes sortes d’aliments (hamotsi, mézonot, haguéfen, haèts, haadama, chéhakol).
Tout cela montre la grande importance et l’utilité des senteurs agréables dans notre vie. Les parfums féminins, en particulier, y jouent un grand rôle.
Leur objectif principal est le chalom bayit, le renforcement du lien entre le mari et sa femme. Et leur principal lieu d’utilisation est la maison.
Il convient de n’utiliser que des parfums doux. De même que la musique peut être douce, mélodieuse et élever l’âme, ou être grossière et la détruire en éveillant des passions viles, il en va de même des parfums : un parfum doux procure du plaisir à l’âme, tandis qu’un parfum fort peut avoir une influence très négative sur une personne.
Même à la maison, il est préférable d’éviter les odeurs fortes et piquantes, car il convient de se comporter avec délicatesse en toutes circonstances afin de préserver la pudeur juive naturelle.
À l’extérieur, il faut utiliser le parfum avec beaucoup de précaution, en ne choisissant que des senteurs très douces, qui n’attirent pas l’attention et ne sont perceptibles qu’à proximité. Rachi écrit (Yoma, 75a) que « l’odeur du parfum doit procurer du plaisir à celui qui le porte », c’est-à-dire précisément à celui qui le porte, et non à son entourage.
On ne saurait trop souligner le tort causé par les parfums féminins lorsqu’ils sont utilisés en trop grande quantité, lorsque leur odeur attire trop l’attention. Les Sages comparent le parfum utilisé à mauvais escient à du poison.
Le prophète Yéchayahou reproche aux jeunes filles de sa génération de nombreux péchés, notamment le fait de « taper du pied ». Le Talmud explique qu’à cette époque, les jeunes filles avaient coutume de mettre des substances odorantes dans leurs chaussures et de taper du pied lorsqu’elles passaient devant un groupe d’hommes. Une forte odeur se répandait alors dans l’air et attirait l’attention des hommes.
Cette coutume, qui trouve ses racines dans l’impureté spirituelle, associée à d’autres péchés, a entraîné la destruction du Temple, source de la sainteté d’Israël.
Puisse le Tout-Puissant faire que nous ne répétions pas ces erreurs et que nous ayons le mérite d’assister à la construction du Troisième Temple !
Traduction abrégée – H. Berman