Rabbanite Hava Kouperman
La pierre de Dan, le léchem, est l’hyacinthe. Elle est liée à une intéressante histoire de migration de cette tribu.
Dan n’avait pas reçu un territoire très favorable. Il s’agissait de terres situées au sud-ouest, où vivaient les Pelichtim (Philistins). Les Philistins ne laissaient aucun répit à la tribu, et les descendants de Dan partirent à la recherche d’un autre territoire. Ils dépassèrent les limites du territoire d’Israël déjà conquis et conquirent le nord, où ils ne s’étaient pas encore établis. Dans le livre des Juges (chap. 18), il est dit que le lieu s’appelait Laïch, tandis que dans le livre de Josué (chap. 19, verset 47), il porte le nom de Léchem. Selon une opinion, les descendants de Dan décidèrent de conquérir ce territoire et de s’en assurer la possession parce que c’était précisément là que l’on extrayait leur pierre, le léchem.
L’une des propriétés de l’hyacinthe est de renvoyer une image inversée du visage humain. L’inversion est caractéristique de Dan.
Le fait que la tribu de Dan ait installé une idole sur son territoire du nord, comme nous l’avons évoqué précédemment, en est un exemple frappant. Ils ont tout inversé : à la place du Tout-Puissant, ils ont installé une idole, d’abord celle qui avait été volée au prophète Michée, puis le veau d’or. La lumière n’atteint pas le nord, c’est là que l’idolâtrie risque le plus de se développer. La tâche de Dan est d’éliminer ce mal, aussi bien au sein de sa tribu que dans le monde. Mais puisque le semblable se soigne par le semblable, il doit passer par cette épreuve.
L’autre nom du territoire où Dan s’est établi est Laïch, « lion ». Moïse compare la tribu de Dan à un lion.
La pierre de la tribu de Benjamin, le yachpé, est le jaspe. Sa couleur principale est le noir, mais il peut aussi être rouge ou vert. Le jaspe a pour propriété particulière d’arrêter les saignements et d’apaiser.
Le jaspe est donné à Benjamin en raison de son cœur tourmenté. Ayant appris que ses frères ont vendu Joseph comme esclave, il se déchire, incapable de décider s’il doit le raconter à son père ou non. Il finit pourtant par se retenir, ce qui lui vaut de recevoir cette pierre. (Le mot yachpé se décompose en deux parties : « yech » et « pé », ce qui signifie « il y a une bouche » ; l’idée est qu’une personne peut ne pas parler pour deux raisons : soit elle n’a pas de mots (pas de bouche), soit elle se retient).
Nous ne parlons pas ici des pierres de toutes les tribus pour deux raisons : certaines ont déjà été évoquées ; de plus, de nombreux ouvrages sérieux ont été consacrés aux pierres des tribus. Ceux qui souhaitent approfondir cette question et l’étudier en détail peuvent les consulter.
À suivre