Nechama Cheli

Les règles que doit respecter un invité

19. Un invité ne doit pas demander à être resservi s’il soupçonne que son hôte n’a pas assez de nourriture. Si l’hôte se retrouve dans l’embarras et se voit contraint de mettre davantage de nourriture sur la table alors que ses moyens financiers ne le lui permettent pas, cela s’apparente, de la part de l’invité, à du vol. Dans certains cas, lors…

Les règles que doit respecter un invité

19. Un invité ne doit pas demander à être resservi s’il soupçonne que son hôte n’a pas assez de nourriture. Si l’hôte se retrouve dans l’embarras et se voit contraint de mettre davantage de nourriture sur la table alors que ses moyens financiers ne le lui permettent pas, cela s’apparente, de la part de l’invité, à du vol.

Dans certains cas, lorsque l’hôte n’a rien à servir à ses invités, il peut littéralement mourir de honte.

Pour cette raison, il est considéré comme inconvenant d’arriver lorsque le repas touche déjà à sa fin et qu’il ne reste presque plus de nourriture sur la table. Bien que les Sages aient dit : « Celui qui ne laisse pas un morceau de pain sur la table à la fin du repas ne connaît pas la bénédiction » — car un pauvre peut frapper à la porte à tout moment et demander à manger, et, à cette époque, on ne conservait pas longtemps la nourriture —, un pauvre ne doit pas compter là-dessus et venir à l’heure où la plupart des gens terminent déjà leur repas.

20. Il est interdit d’amener d’autres personnes avec soi sans en être convenu à l’avance, ou de se présenter à l’improviste sans avoir prévenu l’hôte de sa visite.

21. Un invité n’est pas autorisé à prendre de la nourriture sur la table pour la donner aux enfants de son hôte sans la permission de celui-ci, car, si la nourriture venait finalement à manquer, cela pourrait mettre l’hôte dans l’embarras. Toutefois, selon une opinion, cette règle ne concerne que les cas où la quantité de nourriture sur la table est limitée ; si elle est suffisante, cela n’est nullement interdit.

22. La règle ci-dessus ne concerne que les invités ; un fils qui prend son repas chez son père est autorisé à prendre de la nourriture sur la table et à la donner à un pauvre. De même, un ouvrier peut, pendant sa pause déjeuner, lors d’un repas organisé par son employeur, partager sa nourriture avec un pauvre ou en offrir au fils de son employeur.

23. Il ne convient pas à un érudit de la Torah de s’asseoir à la même table que des personnes illettrées et ignorantes. On sait qu’autrefois, certains Sages refusaient de prendre leur repas à la même table qu’une personne dont ils ne savaient rien.

24. Refuser une invitation à participer à un repas de mitsva, par exemple à l’occasion d’une brit-mila ou d’un mariage, est généralement considéré comme une faute grave. Toutefois, si l’on sait que des personnes indignes y seront présentes, on n’est pas tenu de manger avec elles.

25. Lorsqu’une personne revient dans un quartier où elle a été reçue, elle ne doit pas chercher un autre endroit où passer la nuit, sauf raison particulière, afin que l’on ne pense pas que ses hôtes précédents sont des gens difficiles ou avares.

26. Un invité doit obéir à son hôte et accéder à toutes ses demandes, à condition de ne transgresser aucun interdit et de ne causer de tort à personne.

27. Si l’on soupçonne que le maître de maison ne veille pas à la cacherout lorsqu’il s’agit de ses aliments préférés, l’invité n’a pas le droit de manger ces aliments. Mais même si l’invité ne connaît pas personnellement le maître de maison, il lui est permis de manger chez lui tant qu’aucun témoignage ni aucune rumeur ne mettent en cause sa probité. En effet, nous devons a priori considérer tout Juif comme cacher et juste. Toutefois, si l’invité paie son repas, par exemple à l’hôtel, il doit se renseigner à l’avance sur le niveau de cacherout de la nourriture.

28. Un bon invité dit : « Quelle peine notre hôte s’est donnée, quelle abondance sur la table, et comme tout était délicieux ! Et tout cela pour moi ! » Mais il ne faut pas faire ainsi l’éloge de son hôte en public, et encore moins en présence de personnes indignes, afin qu’elles n’abusent pas ensuite de son hospitalité.

Si l’on demande à un invité de donner un cours ou de prononcer des paroles de Torah, il doit commencer son intervention par des remerciements à son hôte.

29. Un invité doit remercier son hôte et lui demander comment il se porte.

30. Il est également souhaitable de laisser de petits cadeaux à la famille de son hôte.

31. Lorsqu’un invité récite le Birkat Hamazon, la bénédiction après le repas, il doit ajouter le passage particulier institué par les Sages, dans lequel il bénit son hôte et lui souhaite de continuer à connaître la prospérité et la réussite dans ses affaires.