Rabbanite Esther Offengenden
Le Rambam écrit sur les trois niveaux de l’amour :
| 1. Le niveau inférieur. « Amour-plaisir ». 2. Le niveau intermédiaire. « Amour-utilité ». 3. Le niveau supérieur. L’amour qui ne dépend de rien - l’amour véritable. |
Le troisième niveau est le plus difficile à décrire. C’est l’amour véritable, qui ne dépend de rien.
Dans le livre « Tout pour le Patron » de Rouhama Shain est relaté un épisode qui constitue, à mon avis, une remarquable illustration de l’amour véritable. Je vais citer un passage de ce livre.
« ...Moché et moi devions obtenir un certificat de mariage officiel. Comme je n’avais pas encore 18 ans, papa et maman devaient nous accompagner pour attester de leur consentement. Nous avons tous pris le métro pour nous rendre au centre-ville. Il y avait une longue file d’attente dans le service où nous devions aller, et l’on nous a invités à patienter dans une salle spacieuse. Une immense table entourée de chaises se trouvait au centre. Papa et maman se sont assis chacun à une extrémité de la table, tandis que mon fiancé et moi nous sommes assis côte à côte.
J’ai remarqué la façon dont nous nous étions spontanément installés et, en riant, j’ai dit à mes parents :
- Regardez, Moché et moi ne sommes même pas encore mariés et nous sommes déjà proches, tandis que vous êtes mariés depuis si longtemps et vous êtes loin l’un de l’autre !
- Laisse-moi t’expliquer quelque chose, a dit papa. - Moché et toi, vous ne faites que commencer, vous apprenez tout juste à être ensemble. Votre intimité de couple est encore faible, c’est pourquoi vous avez besoin d’une proximité physique pour prouver votre attachement mutuel. Mais maman et moi sommes ensemble depuis tant d’années, notre intimité est si grande que nous pouvons être aux deux extrémités de la table, ou aux deux extrémités du monde, et ce qui nous unit restera inchangé, solide.
Maman écoutait chaque mot de papa en retenant son souffle. Son visage rayonnait, et le regard qu’ils ont échangé m’a soudain entrouvert un univers de sentiments et de profondeur dont je n’avais jamais soupçonné l’existence, moi qui considérais mes parents et leur relation comme la chose la plus naturelle du monde. J’étais saisie par la force et la beauté de leur intimité ! Comme je priais dans mon cœur, à cet instant, pour que Moché et moi soyons, nous aussi, bénis d’une telle relation, qui avait donné tant de sens et de bonheur à la vie de mes parents. »