Nechama Cheli

Mise en relation matrimoniale (chiddoukh) - Quand est-il permis de ne pas parler des défauts ?

Les règles à suivre dans la recherche d’un conjoint 15. Si l’une des parties dissimule un défaut manifeste, il n’est pas obligatoire de parler des défauts de l’autre partie, à plus forte raison s’il s’agit de défauts semblables (par exemple, la même maladie, mais avec d’autres complications). Au contraire, cela peut parfois nui…

Mise en relation matrimoniale (chiddoukh) - Quand est-il permis de ne pas parler des défauts ?

Les règles à suivre dans la recherche d’un conjoint

15.

Si l’une des parties dissimule un défaut manifeste, il n’est pas obligatoire de parler des défauts de l’autre partie, à plus forte raison s’il s’agit de défauts semblables (par exemple, la même maladie, mais avec d’autres complications). Au contraire, cela peut parfois nuire. Cela concerne non seulement la maladie ou une infirmité, mais aussi la vision du monde, par exemple lorsqu’un jeune homme dévore des romans policiers et des romans d’amour pendant le temps que lui laissent ses études, et qu’une jeune fille n’est pas rigoureuse en matière de pudeur. Mais dans tous les cas, il convient, dans une telle situation, de demander conseil à des rabbins sages et expérimentés, car il s’agit très souvent de défauts d’importance différente.

16.

Si vous apprenez qu’un jeune homme renoncera au chiddoukh en découvrant un certain défaut, il ne faut pas en exposer tous les détails : il suffit de le prévenir que ce chiddoukh ne lui convient pas. Mais si le jeune homme insiste, il est permis de lui expliquer de quel défaut il s’agit, là encore sans entrer dans les détails.

17.

Lorsque l’on vous interroge au sujet d’une autre personne et que vous n’êtes pas certain de la fiabilité des informations dont vous disposez, il convient de répondre que vous ne savez rien ; sinon, vos doutes et vos hésitations susciteront des doutes et des soupçons chez l’autre partie. Mais vous pouvez signaler que certaines choses doivent être vérifiées, et il est même permis de laisser entendre lesquelles (bien entendu, sans porter de jugement personnel).

18.

Il est parfois permis de dissimuler, lors des premières discussions au sujet d’un chiddoukh, un défaut qui pourra paraître insignifiant une fois que les personnes auront fait connaissance. Il existe aussi des situations où les Sages recommandent de ne pas parler d’un défaut même après plusieurs rencontres. Cela dépend de la mesure dans laquelle ce défaut constitue, pour l’une des parties, un obstacle insurmontable. Dans de tels cas, il est souhaitable de demander conseil à un rabbin compétent.

19.

Si vous soupçonnez que vous-même ou une autre personne subirez un préjudice après que vous aurez parlé de certains défauts à la personne intéressée, vous n’êtes pas tenu de communiquer ces informations (bien qu’il s’agisse d’un commandement).

Mais si votre silence risque de causer un préjudice encore plus grand à l’une des parties (à celle qui vous interroge), il faut demander conseil à un rabbin expérimenté. Tout dépend de l’importance du préjudice. Dans une situation où la divulgation de l’information ne cause à l’une des parties qu’un léger préjudice, alors que l’autre se trouve ainsi exposée à un danger, il est recommandé, dans certains cas et si cela est possible, de faire passer ses propres intérêts au second plan et d’aider l’autre personne, c’est-à-dire de lui dire tout ce qui est nécessaire.

20.

Si vous éprouvez de la haine ou de l’antipathie pour la personne au sujet de laquelle on vous interroge, vous risquez, en parlant de ses défauts, de transgresser l’un des interdits de la Torah : à ce moment-là, vous ferez involontairement passer dans vos paroles tout ce qui se cache dans votre cœur (le mal et la haine). Les Sages permettent néanmoins de dire ce qui est nécessaire si vous vous êtes libéré, ne serait-ce que temporairement, de certaines pensées à l’égard de cette personne.

Une question se pose alors : que faire dans ce cas, puisque tout le monde n’est pas capable, loin de là, de se libérer complètement de la haine, même pour un court moment ?

Les Sages répondent à cette question de la manière suivante : « La Torah n’a pas été donnée aux anges ; on ne peut donc pas se montrer trop exigeant envers un être humain (comme s’il était un ange). » Même s’il reste dans le cœur une ombre de haine, il est permis, en cas de nécessité, de parler des défauts, si ces informations peuvent aider d’autres personnes à fonder une famille.