Nechama Cheli

Motivation - Contrainte ou désir ?

La contrainte ne fonctionne que sous surveillance Le rav Moché Gans écrit dans son livre « Aider sans briser » (« Laazor bli lichbor ») que, tout d’abord, la motivation ne peut pas être « négative ». Qu’est-ce que cela signifie ? Si notre objectif est que l’enfant ait lui-même envie de se consacrer à une activité à laquelle nous souhaitons l’intéresser, alors la contr…

Rav Moché Gans

Motivation - Contrainte ou désir ?

La contrainte ne fonctionne que sous surveillance

Le rav Moché Gans écrit dans son livre « Aider sans briser » (« Laazor bli lichbor ») que, tout d’abord, la motivation ne peut pas être « négative ». Qu’est-ce que cela signifie ? Si notre objectif est que l’enfant ait lui-même envie de se consacrer à une activité à laquelle nous souhaitons l’intéresser, la contrainte ne sera d’aucune aide. Elle ne suscite qu’un seul désir : abandonner cette activité dès que les parents sont hors de vue (qu’ils quittent la pièce). Rien ne retiendra alors l’enfant de n’en faire qu’à sa tête.

Cela rappelle la manière dont le rav Chimchon David Pinkous expliquait la nature de nos transgressions. L’enfant fait des bêtises dès que sa maman lui tourne le dos. Il pense que maman ne le voit pas et qu’il peut donc faire ce qui lui est interdit en sa présence. Nous raisonnons exactement de la même manière : le Très-Haut « ne voit pas », « n’est pas présent », et c’est pourquoi nous commettons des fautes.

Alors que Rabbi Yo’hanan ben Zakaï était mourant, ses disciples lui demandèrent de les bénir. Rabbi Yo’hanan dit : « Que ce soit la volonté du Seigneur que votre crainte de D.ieu soit aussi forte que votre crainte des hommes ! » Les disciples demandèrent : « Et cela suffit ? » « Ah, puisse D.ieu faire qu’il en soit ainsi ! répondit Rabbi Yo’hanan. Vous savez, celui qui commet un crime ne répète qu’une chose : “Pourvu que personne ne remarque ce que j’ai fait” » (Berakhot, 28b). Si l’homme avait constamment conscience de la présence du Très-Haut à ses côtés, il ne pourrait pas pécher…

Le désir intérieur

Que faire, alors, puisque le parent n’est pas toujours auprès de l’enfant et qu’il le sera de moins en moins à mesure que celui-ci grandira ? Nous souhaitons pourtant que son bon comportement soit dicté par sa propre volonté. Nos grands maîtres nous enseignent que le désir intérieur exerce l’influence la plus durable sur l’homme.

Le rav Moché Gans l’explique en citant le commentaire de Rabbénou Yona sur les Pirké Avot : « “Si je ne suis pas pour moi, qui sera pour moi ?” (1:14). Si je ne me raisonne pas moi-même et ne m’empresse pas d’accomplir les mitsvot, qui (à ma place) me convaincra et me poussera à agir ?

Car une impulsion venue de l’extérieur n’est bénéfique que pour un temps. Mais (il vaut mieux) que l’homme s’éveille lui-même et réfléchisse chaque jour davantage à la manière d’accomplir son service (devant) le Très-Haut, car il n’y a pas d’oubli chez celui dont le cœur désire (de lui-même). Voilà la voie droite pour l’homme.

Puisqu’il est très important que l’homme sache se motiver lui-même, nos Sages donnent des conseils pour l’apprendre : “Là où il n’y a pas d’hommes, efforce-toi d’être un homme” (2:5). Là où il n’y a personne pour t’inciter à accomplir les mitsvot et te ramener à la raison, efforce-toi d’être toi-même un homme et de te retenir d’accomplir des actes qui ne seraient pas droits aux yeux du Très-Haut ».

L’influence extérieure entraîne toute une série de conséquences négatives.

La volonté d’autrui, même animée des meilleures intentions, reste une volonté étrangère à l’enfant, et celui-ci lui résistera. Il y a alors un risque de « briser » l’enfant, de briser sa propre volonté. Par la suite, il accomplira les tâches demandées par ses parents par peur ou automatiquement, pour se protéger d’une blessure intérieure encore plus profonde. Dans ce cas, il est peu probable que l’enfant apprécie l’activité qu’on l’a contraint à pratiquer.

Dans une telle situation, on peut tout au plus gagner une bataille sur le moment, tout en perdant à long terme.

La motivation positive donne des forces à l’enfant, car elle s’appuie sur son estime de soi et développe son sens des responsabilités et son autonomie. Au lieu de lui imposer une consigne de l’extérieur, nous établissons un lien avec lui et l’associons à un objectif commun, afin que celui-ci devienne aussi le sien. Dans l’idéal, il devrait même devenir davantage le sien que le nôtre. Ce lien nous permet de motiver, sans faire pression ni contraindre.

Texte préparé par Mme Zissi Skarjinskaïa d’après le livre du rav Moché Gans « Aider sans briser »

À suivre