Nechama Cheli

Motivation - Et l’obéissance, alors ?

Et l’obéissance, alors ? Et l’obéissance, alors ? demanderez-vous. Le rav Moché Gans répond ainsi : l’obéissance fait partie intégrante de la vie d’un Juif selon la Torah. Même lorsqu’un Juif ne comprend pas le sens ou la valeur d’une mitsva donnée, et même s’il n’est pas d’accord avec elle, il doit l’accomplir. Selon le même principe, les enfants doivent…

Rav Moché Gans

Motivation - Et l’obéissance, alors ?

Et l’obéissance, alors ?

Et l’obéissance, alors ? demanderez-vous. Le rav Moché Gans répond ainsi : l’obéissance fait partie intégrante de la vie d’un Juif selon la Torah. Même lorsqu’un Juif ne comprend pas le sens ou la valeur d’une mitsva donnée, et même s’il n’est pas d’accord avec elle, il doit l’accomplir. Selon le même principe, les enfants doivent obéir à leurs parents sans discuter, même s’ils ne comprennent pas pourquoi on le leur demande.

Nous nous heurtons ici à une contradiction avec ce qui a été dit plus haut : motiver, c’est aider l’enfant à comprendre l’importance d’un objectif et faire naître en lui le désir de l’atteindre ; l’obéissance, elle, implique que l’enfant doit répondre à l’exigence de ses parents, même s’il n’est pas d’accord et ne comprend pas l’importance de l’objectif. Que faire ?

Selon la nature de l’enfant

Dans l’idéal, l’enfant devrait effectivement voir dans ses parents une autorité à laquelle il faut obéir : le père est un roi, la mère une reine. Mais certains enfants ont beaucoup de mal à l’accepter. Ils sont rebelles de caractère, trop indépendants, et ne réagissent aux demandes et aux exigences de leurs parents qu’après de nombreuses répétitions, des cris ou des punitions. Le roi Salomon dit : « Éduque le jeune homme selon sa voie, et il ne s’en écartera pas, même lorsqu’il sera vieux » (Michlé, 22:6).

Ces enfants ont besoin d’une autre approche ; il faut tenir compte de leur nature.

Même si les parents parviennent à « briser » la nature de l’enfant et à le contraindre, ces enfants reviendront à leur voie naturelle dès que leurs parents auront le dos tourné. C’est précisément avec ces enfants qu’il faut chercher la bonne approche, les motiver, même pour qu’ils deviennent obéissants. [N.d.l.r. À la fin du traité Sota est abordé le thème de l’ikveta de-Machi’ha, la période précédant la venue du Machia’h. La révolte des enfants contre leurs parents en est l’une des manifestations, c’est-à-dire l’une des manifestations de la période dans laquelle nous vivons.]

À l’inverse, certains enfants sont naturellement obéissants, mais seulement tant que leurs parents sont à leurs côtés.

Ils ne comprennent pas l’importance de l’objectif de leurs actes et, dès que leurs parents ne leur disent plus quoi faire, ils cessent d’agir. Il n’est pas nécessaire d’exiger l’obéissance de ces enfants ; il faut au contraire développer chez eux la compréhension de l’importance de l’objectif qu’ils atteignent par leurs actions.

Les parents peuvent penser qu’en renonçant à exiger l’obéissance, ils perdront les rênes. Pourtant, c’est tout le contraire : si leur exigence d’obéissance ne rencontre déjà aucun écho, il est clair qu’ils ne détiennent aucune autorité réelle. Certains enfants ne sont pas opposés à l’idée d’obéir, mais peuvent réagir de manière très négative lorsque leurs parents exigent qu’ils le fassent. Ils coopéreront toutefois si l’incitation est positive. La motivation donne au parent autant de pouvoir qu’à l’enfant pour définir les objectifs à court et à long terme de ce dernier.

La préparation du parent

L’essentiel est de comprendre que les plus grands changements doivent se produire chez le parent : s’autoriser à voir dans l’enfant une personne à part entière — quelqu’un que je respecte, qui compte pour moi, que je suis prêt à écouter et vers qui je suis toujours prêt à faire le premier pas. Il faut accepter que chaque enfant nécessite sa propre voie éducative et qu’il faudra consacrer du temps à la trouver.

Il faudra établir avec l’enfant une relation de confiance, pour qu’il se sente accepté, lui et ses décisions. Le parent devra apprendre à se maîtriser : ne pas suivre sa première réaction, mais réfléchir à ses réponses. [N.d.l.r. Soulignons que cela est aussi extrêmement important pour le travail des parents sur leur propre éducation !] Une fois ce travail sur soi accompli, on peut commencer à utiliser les méthodes de motivation.

Texte préparé par Mme Zissi Skarjinskaïa d’après le livre du rav Moché Gans « Aider sans briser »

À suivre