Nechama Cheli

Ne fais pas de peine au guer, à l'orphelin ni à la veuve

L'interdiction de blesser et de faire souffrir (onaat devarim) 23. Il est interdit de retarder sans raison une procédure judiciaire ou de refuser de recevoir une personne venue demander conseil. 24. L'interdit de « onaa » se renforce lorsqu'il s'agit de guérim (prosélytes), de veuves ou d'orphelins. Concernant le guer, il est dit : « N'offense pas le guer et ne …

Ne fais pas de peine au guer, à l'orphelin ni à la veuve

L'interdiction de blesser et de faire souffrir (onaat devarim)

23. Il est interdit de retarder sans raison une procédure judiciaire ou de refuser de recevoir une personne venue demander conseil.

24. L'interdit de « onaa » se renforce lorsqu'il s'agit de guérim (prosélytes), de veuves ou d'orphelins. Concernant le guer, il est dit : « N'offense pas le guer et ne lui fais pas de mal. » Cet interdit est mentionné trente-six fois dans la Torah. À propos de la veuve et de l'orphelin, il est également dit explicitement : « N'offensez aucune veuve ni aucun orphelin. » Autrement dit, cela concerne même des personnes aisées, que le veuvage ou la perte d'un parent rendent très vulnérables et sans défense.

Celui qui fait de la peine à un guer, à une veuve ou à un orphelin transgresse plusieurs interdits de la Torah à la fois.

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Le rav Yehochoua Leib Diskin avait réaménagé une pièce pour l'utiliser pendant Pessa'h. C'était une seconde cuisine, qui n'était ouverte que durant les jours de Pessa'h. Chaque année, on y installait un nouveau four, bien que le rav Yehochoua Leib lui-même ne mangeât de matsa que la première nuit de Pessa'h. Le blé non plus n'était pas quelconque. Les disciples apportaient du blé moissonné spécialement pour la préparation de la matsa. Le sac contenant ce blé était conservé chez l'un de ses proches disciples depuis le début de l'été. Il était suspendu à un crochet fixé au plafond, à une hauteur supérieure à la taille d'un homme. Même les souris les plus agiles ne pouvaient y accéder.

Avant la fête, le disciple apportait le sac de grain et, après un examen minutieux, on procédait au tri. L'eau était apportée deux jours avant Pessa'h de la source de Motsa (près de Jérusalem), et l'on ne cuisait les matsot que juste avant le début de la fête (érev Pessa'h). Le rav Yehochoua Leib surveillait lui-même tout le processus de préparation de la matsa.

Un jour, son proche disciple tomba malade et mourut. Il fallait désormais décider qui serait responsable de la conservation du grain. Les disciples vinrent eux-mêmes poser la question, mais le rav Diskin demanda de laisser le sac au même endroit. « La veuve veillera-t-elle vraiment sur le grain mieux que nous ? » demandèrent les disciples. « L'année prochaine, nous déciderons chez qui le grain sera conservé, mais, pour le moment, que tout reste chez elle, répondit le maître. Si vous venez maintenant reprendre le sac, ce sera un nouveau rappel douloureux de sa perte. Toutes les rigueurs que nous nous imposons ne valent pas un seul petit soupir de sa part ! »

**** Le guide spirituel de la yéchiva de Radin demanda au 'Hafets 'Haïm que faire d'un élève qui avait blessé une veuve chez qui il déjeunait souvent. (À cette époque, les yéchivot n'avaient pas de réfectoire et les élèves prenaient leurs repas dans les familles des habitants.) La femme raconta que le jeune homme s'était montré insolent et que son comportement l'avait profondément blessée.

Il y avait certainement eu un conflit, mais le 'Hafets 'Haïm ne chercha pas à en éclaircir les circonstances. Il fut si choqué par ce qui s'était passé qu'il ordonna au jeune homme de quitter la yéchiva et de rentrer chez lui, bien que cet élève fût considéré comme l'un des meilleurs. Le guide spirituel ne comprenait pas ce qui avait poussé ce grand sage juif à traiter le garçon avec une telle sévérité. Lorsqu'il lui posa la question, le rav répondit : « Celui qui se montre grossier envers une veuve seule possède certainement une bonne réserve d'insolence et de mauvais traits de caractère. Or, les Sages ont dit : “L'effronté va en enfer, et celui qui sait avoir honte, au paradis.” Et pourquoi cela ? Parce que, même si celui qui sait avoir honte a commis une faute, il reste encore l'espoir qu'il fasse techouva, tandis que l'effronté ne pourra pas se repentir !

25. Il arrive qu'un maître juge nécessaire d'être plus strict envers certains élèves, même lorsqu'il s'agit d'un guer, d'un orphelin ou d'une veuve. Cela n'est pas interdit, puisque c'est pour leur propre bien, afin de leur enseigner la Torah ou un métier. Il est néanmoins souhaitable, malgré tout, de faire preuve d'un peu plus d'indulgence envers eux.

26. Lorsque la Torah parle d'un orphelin, elle désigne un enfant qui grandit sans mère ou sans père. Jusqu'à quand est-il appelé « orphelin » ? Jusqu'à ce qu'il ait suffisamment grandi pour ne plus avoir besoin de l'aide d'un adulte et pouvoir s'occuper de lui-même. Lorsque la Torah parle d'une veuve, elle désigne une femme de n'importe quel âge, car, tant qu'elle ne s'est pas remariée, elle se sent très malheureuse.