Nechama Cheli

Ne sois pas comme Kora’h !

« [Les deux opinions dans] toute controverse [menée] au nom de la vérité finiront par triompher [sans s’annuler l’une l’autre], tandis qu’une controverse pour la controverse est stérile. Un exemple de controverse au nom de la vérité est la controverse de Hillel et de Chammaï, et de controverse pour la controverse, celle de Kora’h et de tous ses complices [avec Moché] » (traité Avot 5:17). Toutes les personnes norma…

Léa Odélia

Ne sois pas comme Kora’h !

« [Les deux opinions dans] toute controverse [menée] au nom de la vérité finiront par triompher [sans s’annuler l’une l’autre], tandis qu’une controverse pour la controverse est stérile. Un exemple de controverse au nom de la vérité est la controverse de Hillel et de Chammaï, et de controverse pour la controverse, celle de Kora’h et de tous ses complices [avec Moché] » (traité Avot 5:17).

Toutes les personnes normales apprennent à leurs enfants qu’il est très mal de se disputer ! Allons, allons, allons ! Et attiser la discorde et se rebeller, c’est pire qu’une guerre atomique. D’un autre côté, il est impossible de vivre sans conflits. Sinon, comment construire des relations avec les autres ? Le peuple d’Israël a lui aussi connu bien des querelles, et cela bien avant Kora’h. Pourtant, son châtiment ne ressemble à aucun autre. Pour lui, un nouveau phénomène « naturel » fut créé : la terre s’ouvrit, engloutit toute la communauté de Kora’h, puis referma sa bouche… (Elle s’était déjà ouverte auparavant, mais c’était la première fois qu’elle se refermait). Pourquoi une telle punition?

Creusons un peu plus. Plus précisément, replongeons un instant dans les 6 jours de la Création.

Le premier jour est appelé « yom é’had » — jour un —, à la différence des suivants (deuxième, troisième, etc.), en raison de l’unité du Créateur et de l’absence de toute séparation. Celle-ci se produisit le deuxième jour : les eaux supérieures furent séparées des eaux inférieures. Tel est l’ordre des choses. Jusque-là, tout semble très bien. Pourtant, c’est précisément au moment de cette séparation qu’apparut, dans le monde inférieur, la possibilité de se considérer comme séparé de la source supérieure ! On considère que le Guéhinom fut créé le deuxième jour, et c’est le seul jour à propos duquel il n’est pas dit : « Et le Tout-Puissant vit que cela était bon » (selon le Midrach Rabba). Le lundi est un jour difficile, comme on dit…

À présent, tu as 2 possibilités : soit tu acceptes la hiérarchie établie par le Créateur et la place que tu y occupes, soit tu te proclames autonome, isolé de Son influence et de celle des autres. Dans le premier cas, l’être humain devient un maillon indissociable de la création, un échelon d’une échelle que quelqu’un peut gravir et par laquelle l’influence du Créateur descend dans le monde inférieur (rappelez-vous l’échelle de Yaakov : c’est un processus permanent de descente et de montée. D’ailleurs, c’est pour cela que le patriarche n’est pas mentionné dans la généalogie de Kora’h : « Kora’h, fils de Yitshar, petit-fils de Kehat et arrière-petit-fils de Lévi ». Son comportement violait le principe fondamental de l’interdépendance des 12 tribus). Si l’on arrache un seul échelon, c’en est fini ! L’ordre de l’univers est rompu. C’est cela, la révolte de Kora’h. Il tentait de rompre la hiérarchie, ce qui revient à boucher le canal par lequel le monde supérieur exerce son influence sur le monde inférieur. C’est pourquoi son châtiment était symbolique : tu voulais perturber l’ordre établi par le Créateur ? Tu l’as obtenu ! Vous n’avez pas besoin du fil bleu dans les tsitsit, ni de personnes qui se distinguent de la foule, vous ne voulez pas vous sentir inférieurs à quelqu’un ? Vous serez plus bas que la terre elle-même. (Avez-vous remarqué que ceux qui se considèrent comme supérieurs aux autres et ceux qui se considèrent comme inférieurs aux autres souffrent du même sentiment d’infériorité ? Cela vient de là.

Parce que, dans la racine spirituelle de chacun, il est inscrit que nous sommes tous égaux et que chacun a une mission unique dans le monde. Et seuls le mécontentement et le désir de prendre la place d’un autre diminuent l’être humain.)

Et c’est là l’essence de la discorde. Voilà pourquoi la Torah accorde tant d’attention aux relations humaines, pourquoi nous clamons tous la nécessité de nous unir et le caractère inacceptable des querelles. Il ne s’agit pas simplement ici de « ce qui est bien et de ce qui est mal » : il y a un lien de cause à effet parfaitement clair !

P. S. : Remarquez que tout conflit ne mène pas à la destruction. Dans bien des cas, c’est même l’inverse. Un débat visant à chercher ensemble la vérité, une mise au point entre époux pour mieux se comprendre, un dialogue avec un enfant dans un but éducatif : tout cela est bénéfique :)

Tout se joue dans cette petite question : « Est-ce que je construis ou est-ce que je détruis ? »...

Quelque chose comme ça…

Ne sois pas comme Kora’h ! Sois comme Moché et Aharon !

 Que la paix soit avec nous ! ‘Hodech tov !