Nechama Cheli

Nous sommes une équipe de gagnants

Le programme de Hanoucca destiné aux filles était particulièrement intéressant cette année. Les participantes attendaient avec impatience chaque nouvelle journée et ce que leurs enseignants leur avaient préparé : une soirée beignets et une visite de la Vieille Ville, où de belles lumières de Hanoucca brillaient à chaque fenêtre. Mais le plus intéressant restait à venir : …

Bassia Tsiboukmakher

Nous sommes une équipe de gagnants

Le programme de Hanoucca destiné aux filles était particulièrement intéressant cette année. Les participantes attendaient avec impatience chaque nouvelle journée et ce que leurs enseignants leur avaient préparé : une soirée beignets et une visite de la Vieille Ville, où de belles lumières de Hanoucca brillaient à chaque fenêtre.

Mais le plus intéressant restait à venir : un concert de gala auquel se produiraient toutes les équipes participantes. Ce concours de talents, vécu dans une joyeuse attente, tenait toutes les filles en haleine et leur inspirait sans cesse de nouvelles idées pour mettre au mieux leurs talents en valeur.

Chaque équipe faisait tout son possible pour gagner, mais aussi pour offrir au public le meilleur, le plus beau et le plus éclatant des spectacles !

« Notre équipe a toutes les chances de gagner ! dit Brakha en montant les marches deux par deux, si bien qu’Iti avait du mal à la suivre. Nous avons Miri, qui dessine merveilleusement bien, et Batya, qui a la plus belle voix ! » « Oui ! renchérit Iti, tout aussi joyeuse, en rattrapant son amie. Et tu as oublié Esti et Chouli, elles inventent toujours quelque chose d’original ! Nous sommes une super équipe de gagnantes ! »

La fête célébrant l’achèvement de l’étude d’un traité, la messibat siyoum, battait son plein. La petite salle était pleine à craquer de parents et de grands-parents heureux. Tous les visages rayonnaient de joie, et pour cause : leurs enfants et petits-enfants avaient terminé leur premier traité.

Madame Gold était assise au premier rang, et à sa joie se mêlaient une légère inquiétude et de l’impatience : où était donc son fils ?

On appelait les élèves du héder sur scène, un à un. C’étaient les lauréats, les élèves qui avaient montré à quel point ils maîtrisaient ce qu’ils avaient étudié dans les livres saints. La salle applaudissait chaque élève, mais où était donc le fils de Mme Gold ?

Bien sûr, elle aussi souriait et se réjouissait pour les garçons. Mais son inquiétude l’empêchait de profiter pleinement de la fête : pourquoi n’avaient-ils pas appelé son Menahem ? Pourquoi ces garçons avaient-ils été choisis comme lauréats, et pas son fils ? Lui aussi avait beaucoup étudié, et ses notes n’étaient pas moins bonnes que celles des autres. Alors, pourquoi l’avait-on oublié ?

Mettez-vous à la place de madame Gold et des filles de la première partie du récit : vous arrive-t-il souvent d’éprouver des sentiments semblables ? Et quelle différence y a-t-il entre elles ?

Le livre de Michlé dit : « La jalousie ronge les os. » Sans doute aucun d’entre nous ne peut-il se vanter de ne jamais éprouver de kina, de jalousie, mais chacun souhaite sincèrement se débarrasser de ce sentiment négatif et destructeur.

Regardons les filles qui participent au concours : manifestement, elles n’éprouvent aucune jalousie envers Miri, la dessinatrice talentueuse, ni envers les talents d’Esti et de Chouli. Au contraire, elles sont fières de faire partie de la même équipe !

Mais vous êtes-vous souvent dit que toute la communauté d’Israël formait une seule grande équipe ?

Nous ne devrions pas rivaliser les uns avec les autres, puisque nous sommes tous du même côté ! Votre voisin, votre frère, vos collègues et vous-même êtes tous membres d’une seule équipe ! Nous avons tous un objectif commun et sommes tous animés du désir de gagner. La réussite de l’équipe est notre réussite. Dès lors, pourquoi envier le plus grand appartement de nos voisins, la brillante carrière de notre sœur ou les talents particuliers de notre amie ?

Lorsque nous sentons que nous sommes tous ensemble, du même côté, il ne reste tout simplement plus trace de jalousie. Au contraire, nous sommes heureux et fiers que toutes ces personnes qui réussissent jouent dans notre équipe !

La Torah nous dit : « La maison de Yaakov comptait soixante-dix âmes lorsqu’ils arrivèrent en Égypte. » Rachi explique que, dans ce verset, le mot « âme » est employé au singulier, ha-nefech, parce qu’ils étaient unis dans leur service du Tout-Puissant. Formant une seule équipe avec un seul objectif, ils étaient en réalité une seule âme !

« Il devint Roi sur Yéchouroun, lorsque se rassemblèrent les chefs du peuple, toutes ensemble les tribus d’Israël » (Dévarim, 33:5). C’est seulement lorsque tous les Juifs sont unis que nous pouvons proclamer notre véritable Roi.

Rappelons-nous plus souvent la chance immense que nous avons de former une seule grande équipe de gagnants !

Préparé par Mme A. Schwalb