Rav Yissakhar Frand
Ce commentaire sur la paracha Chela’h convient non seulement au repas de Chabbat, mais sera aussi un merveilleux complément aux « cheva berakhot ». Dans son commentaire de notre paracha, le rav Yaakov Kamenetsky a vu un éloge des qualités des épouses juives vertueuses, évoquées dans le chant de Chabbat Echet Haïl — « Qui trouvera une femme de valeur ? Elle est plus précieuse que les perles ».
Au début de la paracha Chela’h, Moché change le nom de son disciple le plus proche, Hochéa ben Noun, en Yéhochoua (Bamidbar, 13:16), en disant (selon le Midrach) : « Que le Tout-Puissant te sauve des opinions des autres explorateurs » (Midrach Tan’houma 6 ; Sota, 34b). Moché savait que Yéhochoua aurait besoin de cette bénédiction pour tenir bon face aux paroles des autres explorateurs, et c’est précisément pour cette raison qu’il a choisi de lui adresser ces paroles.
Beaucoup posent la question : pourquoi Moché ne se souciait-il que de Yéhochoua ? Pourquoi n’a-t-il pas estimé nécessaire de bénir également Kalev ?
Ne méritait-il pas, lui aussi, un supplément de force pour contester l’opinion de la majorité des explorateurs ? Le rav Yaakov Kamenetsky donne une réponse intéressante. Comme on le sait, Kalev était marié à Myriam, connue pour sa droiture. Connaissant la droiture de l’épouse de Kalev, Moché était certain que celui-ci ne céderait pas à une mauvaise influence. Yéhochoua n’était pas marié à cette époque (plus tard, Ra’hav de Jéricho devint son épouse). Comme, au moment des événements décrits, Yéhochoua n’avait pas d’épouse pour le soutenir, il avait particulièrement besoin de la bénédiction : « Que le Tout-Puissant te sauve des opinions des autres explorateurs ».