Ce Chabbat est Chabbat Chira, le Chabbat du chant. Comme le Tout-Puissant aime que Ses fils Lui adressent un chant ! Il est écrit dans le Zohar Hakadoch : בראשית — Béréchit — est composé des mêmes lettres que שיר תאב, chir taèv, « désire un chant ». Depuis que le Tout-Puissant a donné naissance à Sa création, Il aspire à entendre notre chant.
Il existe une pensée bien connue de rabbi Na'hman : « Sache que chaque berger possède sa mélodie particulière, liée aux herbes et au lieu où il fait paître son troupeau… car chaque brin d’herbe a son propre chant. Et en connaissant cette mélodie, le berger donne aux herbes la force de pousser (Likouté Moharan, 63). Si seulement tu méritais d’entendre les herbes chanter les louanges du Tout-Puissant ! Comme il est agréable, en écoutant leur chant, de (se disposer) à servir le Tout-Puissant ! (Si'hot Haran, 163). Et lorsqu’une personne prie dans les champs, toutes les herbes se joignent à sa prière et l’aident, lui donnant davantage de force. C’est pourquoi la prière est appelée “conversation”, “conversation dans les champs” (Béréchit 24:63) (Likouté Maamarim 11) ».
C’est une idée merveilleuse. Nous voyons que le berger possède une mélodie (nigoun) et le brin d’herbe un chant (chira). Quelle différence y a-t-il entre les deux ? Le nigoun est une mélodie triste. Il n’est qu’attente, demande pour l’avenir, larmes. La chira — le chant — porte sur ce qui est déjà là.
Nous pensons que les prières tristes s’élèvent plus haut. Nous supposons que les prières faites de larmes et d’attentes, qui ont bien sûr leur place dans la vie, sont plus agréables au Tout-Puissant. Et nous sommes convaincus que c’est ainsi qu’il faut parler à D.ieu ! Mais rabbi Na'hman corrige notre erreur et dit : non, « c’est du chant des herbes que se compose la mélodie du berger ».
Si nos enfants nous voyaient prier… avec joie ! Le chant peut avoir une influence bien plus grande qu’un triste nigoun ! Si nous venions plus souvent remercier le Tout-Puissant dans la joie, plutôt que demander parce que nous manquons de quelque chose ou pleurer une perte… Cela aide les jeunes pousses (les enfants) à bien grandir. Il est essentiel de leur apprendre, et d’apprendre nous-mêmes, à nous réjouir avant même que le salut n’arrive.
Il existe une ségoula pour la prospérité que l’on peut mettre en pratique dès aujourd’hui (mais pas pendant Chabbat) : nourrir les oiseaux, leur éparpiller des grains de blé ou des miettes de pain. Pourquoi ? Le Chlah Hakadoch dit : l’Éternel veut que nous regardions les oiseaux, que nous les observions, car ils ne savent jamais où ils trouveront leur prochain repas, mais continuent malgré tout à chanter. Ils chantent avec foi, même s’ils ne savent pas s’ils mangeront à leur faim.
Il n’y a pas de degré plus élevé que de chanter non seulement après avoir reçu quelque chose, mais aussi AVANT ! Le Chlah Hakadoch dit : il n’existe que deux créatures au monde qui chantent, l’être humain et l’oiseau. L’être humain chante seulement lorsqu’il va bien, mais l’oiseau chante avant même d’avoir reçu ce qu’il désire. Pourquoi ? « Et l’oiseau trouve une maison, et l’hirondelle un nid où elle dépose ses petits » (Téhilim 84:4). Il est certain que le Tout-Puissant lui donnera sa nourriture.
Il existe une expression qui concerne particulièrement les femmes. Si vous voulez accroître votre prospérité, si vous voulez des enfants bien éduqués, vous devez, selon l’expression de la Kabbale, « élever le MaN », les mayin noukvin (le principe féminin de l’élément eau qui, par la force de l’aspiration et du désir de recevoir un certain bienfait, éveille En Haut le désir d’accorder ce bienfait). Autrement dit, il faut montrer que vous êtes déjà dans l’abondance, même si ce n’est pas encore le cas ; montrer que le Tout-Puissant vous réjouit dès à présent.
C’est pourquoi une autre ségoula de ce Chabbat, qui coïncide avec Tou Bichvat, consiste à dresser une table généreuse, garnie de mets variés, une table emplie du parfum des plats savoureux et des couleurs des fruits qui font la renommée de la terre d’Israël.
« Et l’on ne se présentera pas devant Moi les mains vides » (Chemot 23:15) — Je viens Moi-même à leur table, Je ne veux pas voir leurs visages tristes, entendre un nigoun — une « mélodie triste ». Est-ce donc seulement ainsi que vous pouvez communiquer avec Moi ? Avec un visage triste ? Élevez le MaN (les mayin noukvin), et vous verrez quelle manne descendra vers vous des Cieux.
Qu’il plaise au Tout-Puissant que, outre la mélodie triste du nigoun dans notre prière, nous apprenions aussi à Lui chanter un chant joyeux, comme les oiseaux. Et qu’il Lui plaise de bénir d’abondance les tables du peuple juif.