Rav Tsvi Elimélekh de Dinov
Il est dit au début de la paracha Terouma : « véyik'hou Li terouma » - « et (qu'ils) prennent pour Moi une offrande ».
Le verset dit « qu'ils prennent », alors qu'il aurait été plus approprié de dire « qu'ils donnent ».
Le Rambam, dans son commentaire du Chir Hachirim, dit que chaque fois qu'une personne éprouve de l'amour pour le Très-Haut ou de la crainte à Son égard, elle doit faire quelque chose de ce sentiment, créer une sorte de « réceptacle » qui retienne la crainte et l'amour du Créateur.
Un sentiment privé d'un tel « réceptacle », qui ne prend pas la forme d'une action, passera, disparaîtra sans laisser de trace.
La Torah, les commandements et, en particulier, la tsédaka peuvent constituer ce moyen d'exprimer l'élan du cœur. En donnant à une personne dans le besoin, on ressemble le plus au Créateur, qui, dans Sa miséricorde, donne la vie à toutes Ses créatures.
Et bien qu'en apparence, celui qui fait un don à autrui donne, en réalité, il reçoit.
Grâce à cela, il devient capable de faire siennes la crainte et l'amour du Créateur qui l'ont habité.
C'est aussi ce qui est dit ici. « De tout homme au cœur généreux » désigne une personne dont le cœur s'est illuminé de la lumière de l'amour et de la crainte du Très-Haut, une lumière qui ne connaît pas de limites.
Il est écrit dans le Chir Hachirim : « Je dors, mais mon cœur veille ».
Le Midrach dit : « Je dors » - à cause du péché du veau d'or, « mais mon cœur veille » - le Très-Haut, béni soit-Il, me réveille par ces mots : « Et prenez Mon offrande ! ».
Le Midrach explique pourquoi la Torah dit « prenez » et non « donnez » : une personne donne quelque chose à autrui après y avoir réfléchi, en réalisant son intention. En revanche, elle peut prendre quelque chose à autrui sans même le prévenir.
Après avoir commis le péché du veau d'or, le peuple juif semblait avoir complètement rompu son lien avec le Très-Haut et ne plus être capable de susciter l'amour et la bénédiction du Créateur à son égard. Pourtant, cette rupture avec le Très-Haut n'était qu'apparente.
L'âme de chaque Juif, individuellement, et celle du peuple tout entier ne perdent jamais leur lien avec Lui.
Ce lien indissoluble se reflète dans le remplacement du mot « donnez » par le mot « prenez », qui désigne une action ne nécessitant pas de prévenir l'autre, comme cela se produit entre des personnes proches.
Traduction - rav M. Gaft