Beaucoup considèrent à juste titre que la paix au foyer est un état dans lequel tout est calme et tranquille.
Dans la prière de « Chemoné Essré », nous demandons au Très-Haut : « Accorde la paix (sim chalom), le bien et la bénédiction… Béni sois-Tu, Éternel, qui bénis Ton peuple, Israël, par la paix (ba-chalom) ». Pourquoi cette bénédiction commence-t-elle et se termine-t-elle de la même manière ? S'agit-il ici de la même paix ?
Il y a le chalom comme fondement de l'existence, et il y a le chalom comme but.
La première « paix », c'est la tranquillité. Tout le monde veut que tout aille bien : se lever le matin sans douleur physique ou morale et s'endormir le soir de la même façon. Il doit y avoir de la nourriture dans le réfrigérateur, les voisins ne doivent pas nous mettre en colère, le patron doit être calme et patient. Le mari ne doit pas irriter sa femme, ni la femme son mari. Nous voulons quitter la maison tranquillement, sans courir après l'autobus, sans penser au découvert sur notre compte bancaire… Voilà ce qu'est une vie tranquille.
Mais ce n'est pas de cette « paix » qu'il est question à la fin de la bénédiction. Nous voulons que le Créateur pose Son regard sur Son peuple et nous sourie ! Nous voulons qu'aujourd'hui, en cette période de hester panim, de très profond voilement de la Face, Sa manière de gouverner devienne manifeste et évidente, comme aux jours de Mordekhaï et d'Esther. Le peuple d'Israël demande au Créateur une Providence manifeste et visible. C'est ce que nous demandons en disant : « Bénis-nous tous de la lumière de Ta Face ». À la suite de cela, la Torah, l'amour désintéressé, la justice et la bénédiction, la vie et la paix doivent régner au sein de notre peuple.
Et une telle paix ne se résume pas à la tranquillité et à l'absence de querelles. C'est une paix de perfection spirituelle, une paix de proximité avec le Très-Haut.
Nous étudions la Torah et accomplissons ses commandements, mais pour en éprouver une satisfaction véritable, nous devons nous élever à un autre niveau, plus haut. Si nous n'observons le saint Chabbat que pour nous reposer et retrouver des amis, cela s'appelle « survivre au Chabbat », et non l'observer pleinement. Le grand admor de Slonim disait qu'il y a des gens qui observent le Chabbat pour ne pas le transgresser, et d'autres qui sanctifient le Chabbat.
De même, un foyer juif n'est pas simplement un lieu où règnent le calme et la tranquillité, où il n'y a ni querelles ni conflits.
Bien sûr, une telle situation est déjà une bonne chose. Mais cela ne suffit pas. Le foyer juif idéal est celui où le mari et la femme ont mérité la présence de la Chekhina. La Présence divine au foyer n'est pas une sensation incompréhensible. Elle est visible et palpable. C'est une atmosphère particulière et élevée qui imprègne littéralement chaque geste, chaque recoin de la maison. Lorsque le mari et la femme atteignent cet état, s'accomplit ce qui est dit dans les « cheva berakhot » : « amour et fraternité, paix et amitié ».