« Va vers la fourmi, paresseux, observe ses voies et deviens sage » (Michlé 6:6)
Que savons-nous de la fourmi ? Une chose est certaine : elle n'est pas paresseuse. Elle travaille tout le temps, elle est tout le temps en mouvement. La seule pensée de ce mouvement perpétuel — ces allers-retours — donne le tournis.
Rav Avraham Guenikhovski, que soit bénie la mémoire du juste (directeur de la yéchiva de Tchebin – Kokhav miYaakov), dit : « Ne sous-estime pas la fourmi : il y a chez elle une chose merveilleuse. La fourmi doit grimper à une certaine hauteur. Elle a essayé : elle est tombée. Elle a recommencé, a presque réussi à grimper : elle est tombée. Encore et encore. Mais la fourmi ne renonce jamais ! » La fourmi n'est pas paresseuse, oh non ! Mais ce n'est même pas là l'essentiel. C'est tout simplement une combattante, une véritable guerrière.
Et surtout, elle ne renonce jamais !
À quoi pouvons-nous comparer cela ? Dans la paracha Vayélekh, dans la sainte Torah, se trouve ce verset : « N'est-ce pas parce que D.ieu n'est pas au milieu de moi que ces malheurs m'ont frappé ? » (Devarim 31:17).
Un Juif pense parfois qu'il a commis tellement de péchés qu'il n'y a plus de place en lui pour le Tout-Puissant, autrement dit qu'il n'y a plus d'espoir de s'améliorer. Et même s'il ne s'agit pas de péchés, ce sont certains manquements qui empêchent la personne de se sentir à la hauteur. Lorsqu'une personne se dit : « D.ieu n'est pas en moi », elle fait ce qu'elle veut, au lieu de faire ce qui est écrit dans la Torah. Puis elle finit par baisser les bras : « Puisque D.ieu n'est pas en moi, ces malheurs m'ont frappée. » Il ne peut rien y avoir de pire.
Rav Bounim de Pchis'ha dit une chose remarquable. Plus loin, dans la paracha Vayélekh, il est écrit : « Quant à Moi, Je cacherai Ma face en ce jour, à cause de tout le mal qu'il a commis… » (Devarim 31:18).
Le Tout-Puissant n'est pas en moi, parce que je pense que tous les malheurs de ma vie sont dus aux fautes que j'ai commises. Mes peines sont la conséquence de mes actes.
Cela ne veut pas dire que je conseille de commettre des fautes et de transgresser ce qui est écrit dans la Torah si nous avons déjà commis une erreur. Au contraire, même si, à D.ieu ne plaise, nous avons fait un faux pas, fait quelque chose d'inconvenant, rav Bounim de Pchis'ha dit que, même dans ce cas, il ne faut pas désespérer. Le Tout-Puissant n'abandonnera pas une personne, même si elle a péché.
C'est précisément à cause de cette idée même selon laquelle D.ieu pourrait abandonner une personne que le Tout-Puissant se met en colère et « cache Sa face ».
Car il est écrit que le Saint, béni soit-Il, dit « Je suis avec lui dans la détresse » (Tehilim 91:15), et qu'il est écrit : « Israël, même s'il a péché, reste Israël » (Sanhédrin 44a).
Quelle pensée merveilleuse ! Si je n'étais pas juive, je me convertirais rien que pour cela : le Tout-Puissant ne m'abandonne jamais ! Même si je me conduis mal, même si je pèche, Il est toujours avec moi ! Car c'est Lui qui m'a créée, Il connaît mon mauvais penchant. Il sait que je ne suis qu'un être humain. Dans toute entreprise, on peut tomber : dès la petite enfance, lorsqu'un enfant apprend à marcher, il peut perdre l'équilibre et tomber. Il en va ainsi dans tout cheminement : j'avance, je peux tomber, puis je me relève et, instruite par l'expérience, j'avance avec davantage de prudence. Il en va ainsi toute la vie.
On apprend de ses erreurs, en tombant et en se relevant, en poursuivant son chemin.
L'auteur du livre « 'Hidouché HaRim » écrit : « Pourquoi, après Yom Kippour, disons-nous : “Pardonne-nous, notre Père, car nous avons péché” ? Nous avons pourtant prié, jeûné, demandé pardon pendant tout Yom Kippour ; nous n'avons même pas encore eu le temps de pécher ! C'est un jour d'une grande pureté ! Nous sommes semblables aux anges ! Pourquoi donc demander à nouveau pardon ?! Mais, en réalité, il se peut que, durant une fraction de seconde, nous ayons pensé : “Et si le Tout-Puissant ne m'avait toujours pas pardonné ? Après tout, Yom Kippour ne dure qu'un jour, et j'ai commis tant de péchés qu'il n'y a pas de pardon, aucune chance.” C'est précisément pour cela qu'il faut demander pardon au Créateur dès la fin de Yom Kippour. »
Alors, allons-nous vraiment tomber pour de bon ? Allons-nous vraiment désespérer ?
Cette pensée même, à savoir que le Tout-Puissant est toujours avec moi, malgré ma conduite, mes péchés et mes fautes, m'a servi de tremplin dans ma vie spirituelle. Car si D.ieu est toujours avec moi, toujours à mes côtés, même lorsque je tombe, je n'aurai pas envie de tomber ! Je veux seulement grandir ! Je veux être une combattante, comme cette petite fourmi qui paraît peut-être minuscule, mais possède une immense force d'âme.
Je voudrais nous souhaiter à toutes de ne jamais désespérer ! Que le sentiment de proximité du Tout-Puissant nous donne à toutes des forces !
Traduction et adaptation de Mme Zissi Skarjinskaïa