Nechama Cheli

Quatrième leçon - La vérité de Yaakov

Quatrième leçon. La vérité de Yaakov Une autre leçon que nous devons tirer de Yaakov concerne sa qualité principale. Lorsque nous lisons la Haggada de Pessa'h, nous y trouvons ces lignes : « Ainsi parlait l’Éternel, D-ieu d’Israël : de l’autre côté du fleuve (l’Euphrate) vivaient jadis vos pères, Téra'h, père d’Avraham et père de Na'hor, et ils servaient d’au…

Rabbanite Léa Gans

Quatrième leçon - La vérité de Yaakov

Quatrième leçon. La vérité de Yaakov

Une autre leçon que nous devons tirer de Yaakov concerne sa qualité principale. Lorsque nous lisons la Haggada de Pessa'h, nous y trouvons ces lignes : « Ainsi parlait l’Éternel, D-ieu d’Israël : de l’autre côté du fleuve (l’Euphrate) vivaient jadis vos pères, Téra'h, père d’Avraham et père de Na'hor, et ils servaient d’autres dieux. Mais J’ai pris votre père Avraham de l’autre côté de ce fleuve et Je l’ai conduit à travers toute la terre de Canaan ; J’ai multiplié sa descendance et lui ai donné Its'hak. À Its'hak, J’ai donné Yaakov et Essav ». Pour Avraham, tout est clair (Béréchit 21:12) : « …c’est en Its'hak que ta descendance sera nommée » ; il n’y avait pas d’autre possibilité, puisque Ichmaël n’était pas le fils de Sarah, mais celui de l’esclave.

Mais Its'hak a, semble-t-il, dès le départ deux fils jumeaux qui paraissent égaux en qualités. Ce n’est pas comme ce que nous apprenions à la maternelle : maman Rivka pousse une poussette avec ses deux petits jumeaux, tous deux portent une kippa et ont de jolies bouclettes, mais l’un regarde un livre sur Chabbat tandis que l’autre attrape un chat par la queue.

Rivka savait que les jumeaux étaient aussi différents que le ciel et la terre, parce qu’elle avait posé la question alors qu’elle était encore enceinte. Mais elle l’avait gardé pour elle, et Its'hak ne savait rien. Les jumeaux ont donc reçu la même éducation. On versait le même vin dans deux récipients, mais dans l’un, il a tourné au vinaigre. C’est apparemment le récipient lui-même qui est en cause.

Qu’avait donc Yaakov qu’Essav n’avait pas ?

La qualité principale de Yaakov était la Vérité (émet), qui est aussi la Splendeur (tiféret), comme il est écrit : « Accorde la vérité à Yaakov, la bonté à Avraham » (Michée, 7:20). C’est précisément pour cela qu’il a finalement mérité de recevoir en héritage la bénédiction d’Avraham (Béréchit, 28:4) : « Et Il te donnera la bénédiction d’Avraham, à toi et à ta descendance avec toi, afin que tu hérites de la terre où tu séjournes, que D-ieu a donnée à Avraham » — c’est ainsi qu’Its'hak le bénit avant son départ pour chercher une épouse.

Yaakov est qualifié d’homme intègre (tam, également traduit par « simple ») et d’homme de vérité.

À première vue, sa conduite montre peu de simplicité et de vérité : il paraît bien plus rusé que son père et son grand-père. Nous le voyons acheter « par tromperie » le droit d’aînesse de son frère, puis recevoir les bénédictions revenant à l’aîné. Mais, en réalité, un homme intègre et véridique n’est pas quelqu’un qui ne s’intéresse à rien d’autre qu’à sa tente et à ses livres. Cela ne signifie nullement qu’il ne sache pas comment se comporter parmi des trompeurs et des méchants comme Essav et Lavan. Au contraire, Yaakov savait qu’Essav n’accordait aucune valeur au droit d’aînesse, et qu’une soupe lui serait donc plus utile. Ce qui, dans la conduite de Yaakov, ressemble à une tromperie se révèle être la vérité lorsqu’on l’étudie attentivement.

Cette qualité de Yaakov est importante dans chaque foyer juif.

Les enfants doivent savoir que nous sommes très stricts en matière de vérité. Si un enfant dit la vérité, on lui pardonnera, tandis que mentir est ce qu’il peut faire de pire. C’est ainsi que l’on élève des personnes dont la qualité principale est la vérité et la splendeur.

Texte préparé par : Mme Zissi Skarjinskaïa