Nechama Cheli

Que signifie « faite d’une côte » ?

« Côte » se dit tséla en hébreu. La tradition orale enseigne que la Femme a été créée précisément à partir d’une côte, et non d’un autre organe. La côte est cette partie du corps humain qui est constamment couverte par les bras. Et le Créateur, tandis qu’Il créait la Femme, lui répétait encore et encore : « Sois pudique. » Il ne l’a pas faite à partir des yeux, afin qu’elle…

Que signifie « faite d’une côte » ?

« Côte » se dit tséla en hébreu. La tradition orale enseigne que la Femme a été créée précisément à partir d’une côte, et non d’un autre organe. La côte est cette partie du corps humain qui est constamment couverte par les bras. Et le Créateur, tandis qu’Il créait la Femme, lui répétait encore et encore : « Sois pudique. »

Il ne l’a pas faite à partir des yeux, pour qu’elle n’épie pas ; ni des oreilles, pour qu’elle n’écoute pas tout aux portes ; ni des mains, pour qu’elle ne touche pas à tout ; ni des pieds, pour qu’elle ne se rende pas là où il ne faut pas ; ni de la bouche, pour qu’elle ne parle pas à tort et à travers.

L’étude du mot désignant ce à partir de quoi la Femme a été créée peut nous aider à comprendre son essence et sa vocation.

Recourons à une méthode connue et rappelons que toutes les lettres de l’hébreu peuvent se répartir en cinq familles : les gutturales, les labiales, les palatales, les dentales et les linguales.

Il existe une règle en hébreu : si l’on prend un mot et que l’on remplace une de ses lettres par une autre de la même famille, le mot changera de nuance, mais pas de sens.

Prenons un exemple clair et parlant. Dans son commentaire de la Torah, Rachi utilise cette règle. Dans le livre de Vayikra, au chapitre 19, verset 16, nous lisons : « Ne va pas colportant des médisances dans ton peuple. » En hébreu, un colporteur de médisances se dit « rakhil». «Kh » appartient à la famille des lettres palatales — kh, g, k, y. Si l’on remplace « kh » par « g », au lieu de « rakhil », on obtient « raguil », qui signifie « pied » en hébreu. Le sens est donc : ne transporte pas de médisances en courant sur tes pieds d’une personne à l’autre, ou « ne va pas colportant des médisances ».

Le psaume 15 illustre la même chose lorsqu’il dit : « …ne marchait pas avec ses pieds sur la langue », ce qui signifie qu’il ne médisait pas.

En appliquant la même règle, examinons le mot tséla — côte. La lettre du milieu, « l », appartient à la famille des linguales, qui comprend l, d, n, t et encore un autre t (il y en a deux en hébreu). Je peux remplacer l par n (de la même famille), et l’on obtient alors, à la place du mot « côte », la racine du mot « pudeur » — tsniout.

En russe, le terme désignant la pudeur s’emploie dans un sens quelque peu différent de celui qu’il a en hébreu. Les expressions « il est modeste », « elle est modeste » sous-entendent souvent la timidité, l’indécision, un manque d’émotivité et d’expressivité (« une petite souris grise »). En hébreu, la « pudeur » s’exprime le mieux par la notion de « retrait en soi ». C’est une forme d’introversion, et c’est ce qui est propre (ou, du moins, devrait être propre) à la Femme.

Nous examinerons cette qualité plus en détail ultérieurement, lorsque nous parlerons de trois femmes : Ra’hel, épouse de Yaakov ; Mikhal, fille du roi Chaoul et épouse du roi David ; et Esther.

À suivre
Nous remercions la revue « Golos Yaakova » ainsi que Mme Alla Feldman personnellement pour le texte mis à notre disposition.