Les Sages juifs parlent de la vie de famille
Nos Sages ont enseigné[1] : « Celui qui aime sa femme comme lui-même et l’honore plus que lui-même, l’Écriture dit à son sujet : “Et tu connaîtras la paix (le bien-être) dans ta tente” »[2].
Toute chose, vivante ou inanimée, a besoin d’une « nourriture » qui lui donne de l’énergie, une force vitale. Même la voiture la plus perfectionnée et la plus chère ne roulera pas sans essence. Et quel est le « carburant » de l’être humain ? Des paroles bienveillantes et une attitude respectueuse.
Il est dit dans la Michna : « Yéhochoua ben Péra’hia disait : “Trouve-toi un maître, acquiers-toi un ami et juge tout homme favorablement” »[3]. On peut choisir le maître, le rabbin dont on suivra les directives. Mais pour acquérir un ami, il ne suffit pas de choisir. Il faut accomplir certaines démarches. À celui avec qui l’on souhaite se lier d’amitié, il faut montrer que l’on apprécie ses qualités et que l’on respecte ses actes. Même si quelque chose nous déplaît chez l’autre, nous devons « le juger favorablement », c’est-à-dire chercher avant tout une explication positive à ses actes, et parfois aussi parler avec lui du problème qui s’est présenté.
Il est naturel de voir surtout les qualités de la personne que l’on aime. Ses défauts passent au second plan, et l’on n’y prête peut-être même pas attention. À l’inverse, chez une personne que l’on déteste, on voit surtout les défauts, on les cherche même.
Comme le disait le plus sage des hommes, le roi Chlomo : « La haine suscite des querelles, mais l’amour couvre toutes les fautes »[4]. Et un sage a dit : « Lorsque l’amour entre ma femme et moi était fort, nous pouvions tenir côte à côte sur la pointe d’une épée. Maintenant que l’amour s’est affaibli, même le lit le plus large ne nous suffit plus… »[5].
Un jour, un couple qui connaissait de graves difficultés vint trouver un rabbin. Le mari se plaignait de sa femme, qui avait beaucoup changé depuis leur mariage. « Quand je l’ai rencontrée, elle était active et pleine de vie. Maintenant, c’est une tout autre femme, disait-il. Elle n’a plus de forces pour quoi que ce soit, ni physiquement ni moralement. » Le rabbin lui conseilla : « Chaque jour, tu dois faire des compliments à ta femme, et sincèrement. Ne sois pas avare d’éloges. Tu dois donner du “carburant” à ta compagne, et alors tu verras qui est réellement ta femme. » Deux mois plus tard, le mari revint voir le rabbin et lui raconta, avec beaucoup d’enthousiasme et d’étonnement, que sa femme était devenue une femme pleine de vitalité !
[1] Talmud, traité Yevamot, 62b, traité Sanhédrin, 76b.
[2] Job, 5:24.
[3] Pirké Avot (Maximes des Pères), 1:6.
[4] Le roi Chlomo (Salomon), Michlé (Proverbes), 10:12.
[5] Traité Sanhédrin, 7a.