Nechama Cheli

Respecter au-delà des mérites

Pour que le respect soit véritable, il faut respecter ce qui existe réellement chez une personne : faire sa connaissance, s’intéresser à elle, la comprendre. Des questions se posent aussitôt : peut-on et doit-on respecter quelqu’un pour n’importe quoi ? Pourquoi devrais-je le respecter si je suis meilleur que lui ? Peut-être est-ce moi qu’il faudrait respecter, et lui qu’il faudrait supporter - ce qui n’est déjà pas facile !!! P…

Rabbanite Esther Offengenden

Respecter au-delà des mérites

Pour que le respect soit véritable, il faut respecter ce qui existe réellement chez une personne : faire sa connaissance, s’intéresser à elle, la comprendre.

Des questions se posent aussitôt : peut-on et doit-on respecter quelqu’un pour n’importe quoi ?

Pourquoi devrais-je le respecter si je suis meilleur que lui ? Peut-être est-ce moi qu’il faudrait respecter, et lui qu’il faudrait supporter -  ce qui n’est déjà pas facile !!!

Le Pélé Yoets rapporte les paroles d’un sage : il convient de respecter toute personne dans deux cas.

  1. S’il est plus sage que moi, pour sa sagesse ; et si je suis plus sage, c’est donc lui qui est plus juste. Car je pèche sciemment, tandis que lui le fait par erreur.
  2. S’il est riche, pour sa richesse, car même les plus grands sages -  Rabbi et Rabbi Akiva respectaient les riches, parce que « le Roi désire leur grandeur ». ET SI JE SUIS RICHE ET QU’IL EST PAUVRE – IL S’AVÈRE QUE JE SUIS UN PÉCHEUR, car je ne donne pas assez de tsédaka par rapport à mes moyens. En cela, il est plus juste que moi. Et il est dit dans le Talmud, Pessa’him : si une personne  te surpasse ne serait-ce que sur un point, il faut absolument lui témoigner du respect.

Les Pirké Avot expliquent que respecter les autres est la seule manière d’obtenir leur respect envers soi. Comme il est dit (chapitre 4, michna 1) : « Qui est respecté ? Celui qui respecte les autres. »

Le rav Chalom Schwadron rapporte dans son livre de nombreuses histoires montrant avec quel soin scrupuleux nos sages veillaient à ne pas blesser autrui. Il cite constamment les paroles des sages : « Il est plus avantageux (préférable) pour une personne de se jeter dans  une fournaise ardente que de faire pâlir quelqu’un en public. »

Pour un mari, il est vital de sentir que sa femme le respecte, l’admire et apprécie même les petites choses qu’il fait.

D’une part, le respect de l’épouse pour son mari crée la base nécessaire pour commencer à construire une vie commune. Comme nous l’avons déjà dit, cela exige de connaître les qualités et les capacités réelles du mari, selon le principe : « S’il est plus sage que moi, pour sa sagesse ; si je suis plus sage, c’est donc lui qui est plus juste. »

Ce n’est pas facile, car il existe dans chaque famille un élément de compétition, et quelque part au fond de soi, une toute petite voix dit : reconnaître quelque chose de bon chez l’autre, c’est comme reconnaître que quelque chose ne va pas chez moi. S’il est meilleur que moi, cela signifie-t-il que je suis mauvais ? En réalité, savoir voir le bien chez les autres et l’admirer est une manifestation de sagesse, de finesse, de bonté et  de respect de soi, car « qui est respecté ? Celui qui respecte les autres. »

D’autre part, le Maharal nous révèle un secret qui montre quelles forces extraordinaires le Tout-Puissant a données à l’épouse pour aider son mari. Le Maharal écrit que, bien qu’en principe on ne puisse respecter quelqu’un que pour ce qui existe réellement en lui, l’épouse constitue la seule exception : elle peut respecter son mari pour ce qu’elle ressent en lui. Non seulement ce ne sera pas une parodie et cela ne le blessera pas, mais cela lui donnera de la joie et des forces.

Bien plus, de même que les graines germent sous une pluie tiède, le respect et le soutien de l’épouse permettent de révéler chez l’homme des qualités et des capacités que personne d’autre ne pouvait ni voir ni pressentir en lui.

Le Rambam dit  - une épouse doit respecter son mari plus qu’il ne le mérite.

Comment témoigner du respect ?

  1. « Laisser de la place » – offrir la possibilité d’avoir un espace personnel, du temps à soi, etc.
  2. Lui permettre d’exprimer ses goûts et ses opinions.
  3. La manière dont la relation se manifeste extérieurement. Par exemple, la halakha dit que, si nous sommes tenus de respecter un sage, il est interdit non seulement de parler de lui en mal, mais même de parler fort en sa présence en utilisant des expressions  indignes.

Réfléchissez à la façon de parler, aux gestes et aux expressions du visage qui aideront nos proches à sentir combien ils comptent pour nous, plutôt que l’inverse.

  1. Les sages disent : « Les souhaits d’une personne sont son honneur ».

On ne peut véritablement témoigner du respect à une personne qu’en comprenant ses attentes. Les mêmes gestes seront perçus par l’un comme une marque d’admiration, et par l’autre comme de la moquerie. Notre tâche consiste donc à comprendre notre partenaire en particulier, et non à apprendre comment faire « en principe ». Le Rambam dit : « faire ce qu’il aime, s’éloigner de ce qu’il déteste ».

Un jour, le rav Baroukh Berel rendit visite à un élève. Cet avrekh, en voyant le rav, se précipita pour éteindre le gramophone que sa femme écoutait. Le rav prit le jeune homme à part et lui demanda : Pourquoi as-tu fait cela ? - Par respect pour vous ! - Sans demander la permission à ta femme ?! Est-ce ainsi qu’on respecte sa femme ? C’est cruel ! S’il te plaît, va vite lui demander pardon ! (D’après le rav Schwadron).

à suivre

Nous exprimons notre profonde reconnaissance à l’auteure, la rabbanit Esther Offengenden, et aux éditions « Michpa’ha ké-Halakha » (www.mishpacha.ru) pour le droit de publier des chapitres du livre « La vie après le mariage ».