4. Il est dit dans la Torah, à plusieurs endroits : « Suis Ses voies » (« Devarim », 28:9), « Marche dans toutes Ses voies et attache-toi à Lui » (ibid., 11:22), « Marchez à la suite de Dieu, votre Tout-Puissant, et attachez-vous à Lui » (ibid., 13:5). Les Sages posent la question : « Comment un être humain peut-il marcher à la suite de Dieu Lui-même ? À la suite de la Chekhina ? Car le feu le dévorerait tout simplement ! »
La réponse est qu’il s’agit ici des qualités du Très-Haut : il faut s’efforcer de Lui ressembler dans Ses manifestations, en faisant du bien aux autres, en aidant les pauvres, en rendant visite aux malades, en consolant les endeuillés et en enterrant les morts, comme le fait le Très-Haut.
5. Ces commandements ne sont limités ni par le temps, ni par le lieu, ni par l’âge. Il faut parler de ce commandement même aux tout-petits et les guider sur la voie de l’amour et de la bonté.
Si une personne ne fait aucun effort pour corriger ses pensées et son attitude envers les autres, si elle ne cherche pas à améliorer ses actes, elle n’accomplit pas non plus ces commandements.
6. Il est écrit dans la Torah : « Et que ton prochain vive auprès de toi. » Les Sages déduisent de ce passage qu’il faut prendre soin des autres sans se nuire à soi-même.
Bien plus, sa propre vie doit être sa première priorité. Par exemple, si deux personnes traversent le désert et que l’une d’elles possède une gourde contenant juste assez d’eau pour lui permettre de survivre (si elles se partagent cette quantité, toutes deux mourront de soif), elle ne doit pas partager son eau avec son compagnon de route. Il faut d’abord vérifier que l’on dispose de tout le nécessaire, et ensuite seulement partager avec les autres et prendre soin d’eux.
La Torah n’ordonne pas de donner ses biens aux autres au point de devenir soi-même indigent, à plus forte raison si cela met sa vie en danger.
Si deux villes utilisent la même source d’eau, la ville située en hauteur peut temporairement fermer le canal alimentant les habitants situés en contrebas lorsque l’eau vient à manquer.
**** Rabbi Yozel Horowitz, que l’on appelait l’Alter de Novardok, se retrouva dans une petite ville à Yom Kippour. En entrant dans la synagogue locale, il remarqua un Juif qui portait des chaussures en cuir. Rabbi Yozel lui demanda pourquoi il ne retirait pas ses chaussures. L’homme répondit qu’il n’avait pas de chaussettes et qu’il avait honte d’entrer pieds nus dans un lieu fréquenté. En entendant cela, rabbi Yozel retira aussitôt ses chaussettes et les lui donna. Il passa toute cette journée pieds nus.
Par la suite, on lui demanda pourquoi il n’avait pas pris soin de lui-même en premier. Voici sa réponse : « Ce Juif habite ici, tandis que je ne suis que de passage. On ne me connaît pas et personne ne fera attention à moi, alors que quelqu’un parlera certainement de lui et lui causera des désagréments. Quant à moi, même si l’on en parle, je suis ici aujourd’hui et ailleurs demain : cela m’est donc égal. »