Rabbanite Esther Offengenden
Un autre enseignement de nos Sages : l’être humain a été créé « à l’image de D.ieu ». « Le Très-Haut ne fait que donner, Il donne sans cesse ; Son essence est de donner » (Ram’hal). En donnant, l’être humain sent qu’il vit vraiment.
Un jour, une jeune femme s’est plainte auprès de moi que ce système ne fonctionnait pas. « Je veille sans cesse à ce qu’il fasse quelque chose pour moi, mais je ne vois pas beaucoup d’amour. Il est plutôt devenu irritable ! » — Elle avait si bien tout compris ! « Si je force mon mari à donner, j’obtiendrai tout ce dont j’ai besoin, et en plus, il m’aimera beaucoup » !..
Rav Sim’ha Cohen écrit à ce sujet : le fait de donner ne mène à l’amour que si l’on désire sincèrement donner. Autrement dit, dire « Mais je n’étais tout de même pas derrière lui avec un bâton ! Il était d’accord ! » ne résout rien. Être d’accord ne suffit pas.
Tout ce que nous apprenons sur la construction d’une famille s’applique à moi ; ce n’est pas un moyen de manipuler, mais un principe de vie.
Un autre problème lié au « savoir donner » concerne les personnes qui aiment beaucoup faire le bien et travaillent sans cesse avec abnégation pour leurs proches... Et cela n’apporte de bonheur ni à elles ni à leur famille.
Tout récemment, j’ai travaillé avec un couple dans lequel le mari disait : — Je fais tout. Je suis responsable de tout. Je gagne l’argent. Je veille sur sa santé. Vous croyez qu’elle est reconnaissante ? Elle ne veut même pas m’obéir !
Et sa femme répondait : — Moi aussi, je fais beaucoup de choses ! Tu ne le vois pas ! Et tu me mets tout le temps la PRESSION !
Un autre cas. La femme assise devant moi est un mélange typique d’épuisement extrême et d’énergie débordante. « Tout repose sur moi ! Je porte absolument tout toute seule ! Il ne peut pas simplement faire ce que je lui dis ! Je suis complètement seule dans la vie... » Son mari est assis en face, le dos voûté, et marmonne doucement : « ...Je ne suis pourtant pas contre... je ne conteste pourtant rien... »
Même les meilleures intentions peuvent provenir de sources qui ne sont pas des plus pures.
Par exemple, le problème auquel se sont heurtées ces deux familles, ce n’est pas la charité, mais une rivalité cachée. Le besoin de prouver qui est le meilleur, le plus fort, qui décide.
La rivalité existe toujours au sein de la famille. Souvenez-vous de ce mari qui montre à ses invités la petite étagère qu’il a fabriquée. Sa femme se joint aussitôt à lui : « Et l’idée était de moi, n’est-ce pas, mon chéri ? » Ici, tout est une question de proportions.
Une femme qui est allée pêcher avec son mari raconte à une amie : — Tu comprends, je faisais tout de travers. Je parlais trop fort, j’avais pris le mauvais appât, je lançais ma ligne au mauvais endroit, les poissons ne mordaient pas comme il fallait à ma ligne, je ne ferrais pas correctement et, pour couronner le tout, j’ai attrapé plus de poissons que lui. (une blague ?)
Il s’avère qu’en donnant, nous pouvons facilement humilier. Blesser. Susciter de l’éloignement et de la résistance au lieu de la gratitude.
Si l’être humain a été créé « à l’image de D.ieu », alors son essence est de faire le bien. En donnant, l’être humain sent qu’il vit vraiment. Et que doit-il ressentir lorsqu’il reçoit ?
Mais s’il n’y a personne à qui faire du bien, il n’y aura pas de bien...
Ce n’est donc pas le fait de « donner » qui importe, mais comment donner et comment recevoir.
à suivre