Rabbanite Yemima Mizrahi
À Pourim, la maison doit être un palais.
Une nappe blanche et deux bougies allumées, pour Mordekhaï et Esther. La table est dressée. Pourquoi est-ce important ? Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi dit qu'à Pourim, « les Juifs acceptèrent ce qu'ils avaient (eux-mêmes) déjà commencé à faire ». Comme tu agiras ici-bas, ainsi en décidera-t-on pour toi En Haut ; ce à quoi tu t'engageras ici-bas, on le réalisera En Haut. Celle qui veut se marier doit s'habiller en mariée. Pourquoi ? Parce qu'il est agréable de réjouir quelqu'un qui est déjà joyeux. Il est difficile de réjouir une personne triste : elle gardera une mine endeuillée.
Ainsi, pour que le Très-Haut nous réjouisse, il faut nous mettre en joie, comme si nous avions déjà une raison de nous réjouir.
Sur notre table dressée se trouvent… des noix et des graines, ce qu'Esther mangeait au palais.
À table, il ne faut pas se mettre en colère, car cela chasserait la joie du foyer pour toute l'année. Pourim n'est pas Yom Kippour. À Yom Kippour, nous nous habillons en blanc et souhaitons à tout le monde une bonne année, même si, toute l'année, nous avons rêvé de faire disparaître cette voisine de la surface de la terre. Pourim révèle notre vrai visage, car il est écrit dans les Pirké Avot qu'une personne se reconnaît à « sa poche, son verre et sa colère ». Voilà pourquoi il ne faut pas se fâcher, surtout contre son mari.
Je reçois beaucoup de lettres me demandant comment les femmes doivent boire à Pourim.
Examinons cela. Il est écrit dans la Guemara qu'un verre est permis à une femme et lui est même bénéfique : elle aura beaucoup de lait. Deux verres, c'est déjà indécent : la femme cesse de surveiller sa conduite et ses paroles. Trois verres : elle commence à faire des avances au sexe opposé ; quatre verres : elle « court après un âne au marché ».
Je vais essayer d'expliquer les propos de nos sages à l'ère du féminisme : comment ont-ils pu parler ainsi des femmes ?!
Comme nous le savons, « le vin entre, le secret sort ». Le secret (sod), ce sont les liens sociaux. Comme il est écrit dans les Téhilim (64:3) : « Cache-moi du conseil (sod) des méchants », et encore (55:15) : « Avec qui nous goûtions ensemble la douceur du conseil (sod) ». Il s'agit donc du désir d'être en lien avec quelqu'un. Chez les hommes, nous ne craignons pas que le secret sorte, parce que leur plus grand secret est le désir de n'être liés à personne. Ainsi, lorsqu'il sera ivre, l'homme s'isolera simplement de tout le monde et s'endormira.
Chez la femme, c'est différent : elle recherche toujours le lien, elle recherche la proximité.
Peu importe qu'elle soit mariée ou non, jeune ou âgée. Le Or Ha'Haïm écrit que la malédiction de la femme, « ton désir te portera vers ton mari », réside dans le fait que l'amour que son mari peut lui donner ne lui suffira jamais. Et ce secret sortira lorsque tu boiras. Ma chère, préserve ton âme, car il y a beaucoup d'« ânes au marché » qui voudront profiter de ta solitude et qui, au lieu de t'offrir un lien (kécher), t'offriront un mensonge (chéker). C'est pourquoi je n'autorise en aucun cas à boire plus de deux verres. Le troisième verre : des corn-flakes avec du lait.
Une femme doit donner des matanot laévyonim à deux pauvres, pour chacun l'équivalent du prix d'une portion de falafel. Son mari ne l'acquitte pas de cette obligation.
Le michloa'h manot n'est pas un cadeau comme ce panier qui passe de main en main et que l'on offre à son tour à la famille suivante. Prépare deux manot personnelles, qui aient quelque chose de particulier pour toi et pour la personne qui les reçoit, afin de renforcer l'unité du peuple.
Le repas de Pourim. « Et le deuxième jour, le roi dit à Esther, pendant qu'on buvait du vin : (dis-moi), quel est ton souhait, reine Esther ? Il sera exaucé. Et quelle est ta demande ? »
Chez toi, c'est le banquet, tout le monde boit, il y a du bruit et du tumulte, mais trouve-toi un petit coin et adresse-toi au Roi. Et que demander ?
Avant tout : « ai-je trouvé grâce à tes yeux, ô Roi » (Esther 7:2,3). C'est une rencontre d'une grande intimité avec le Très-Haut, c'est la cour intérieure du palais. Ensuite, tu peux formuler d'autres demandes, mais avant tout, celle-ci.
préparé par Mme Zissi Skarjinskaïa