Nechama Cheli

Sur un pied - Pourquoi est-il si difficile d’accomplir certaines mitsvot ?

« Aime ton prochain comme toi-même » (Vayikra, 19:18) Nous voyons que les gens accomplissent les mitsvot avec inspiration et enthousiasme. Ils se préparent à accomplir une mitsva et, au moment de l’accomplir, s’efforcent de le faire avec la plus grande précision et de la meilleure manière possible. (On peut citer en exemple l’accomplissement des mitsvot du dernier…

Rav Chimchon Dovid Pinkous

Sur un pied - Pourquoi est-il si difficile d’accomplir certaines mitsvot ?

« Aime ton prochain comme toi-même » (Vayikra, 19:18)

Nous voyons que les gens accomplissent les mitsvot avec inspiration et enthousiasme. Ils se préparent à accomplir une mitsva et, au moment de l’accomplir, s’efforcent de le faire avec la plus grande précision et de la meilleure manière possible. (On peut citer en exemple l’accomplissement des mitsvot de Pessa’h dernier : combien de temps et d’efforts sont consacrés à sa préparation, comme on s’efforce de ne laisser aucune miette de ‘hamets dans la maison, avec quel enthousiasme — surtout les enfants — on brûle le ‘hamets, avec quelle inspiration on lit la Haggada et on mange la matsa pendant le Séder. — N.d.T.)

Il est donc étonnant de voir les gens se comporter tout autrement lorsqu’ils accomplissent la mitsva de guemilout ‘hassadim — l’aide au prochain. Nous ne voyons pas ici l’enthousiasme qui accompagne l’accomplissement des autres mitsvot.

Pourquoi cette mitsva et celles qui lui ressemblent, comme « aime ton prochain comme toi-même », sont-elles donc si mal loties ?

La raison est que, pour les mitsvot de ‘hessed, d’amour du prochain, etc., il existe, en plus de la mitsva elle-même, une inclination naturelle à l’accomplir. Ainsi, lorsque nous l’accomplissons, nous le faisons spontanément sous l’effet d’un sentiment intérieur inné, et non parce qu’il s’agit d’une mitsva. C’est de là que vient l’insuffisance dans la manière de l’accomplir.

Cela concerne de nombreux aspects de notre vie. Par exemple, une personne conduit et se demande si elle doit faire quelque chose qui comporte une certaine part de danger. En y réfléchissant, elle évalue les risques qu’un accident se produise, à D.ieu ne plaise. Si elle pensait qu’elle risque de transgresser la mitsva « et prenez grand soin de vos âmes », tout serait bien différent ! Les gens peuvent certes négliger le danger, car c’est dans leur nature, mais la perspective de manger un morceau de porc est terrifiante pour tout Juif.

On sait que rav Haïm Soloveitchik assouplissait beaucoup les exigences de la halakha lorsqu’il s’agissait des jeûnes. Son fils, rav Its’hak Zeev, expliqua que son père n’assouplissait pas les règles ; au contraire, il se montrait très strict sur la question du danger pour la vie !