Nechama Cheli

Toute la vérité sur l’éducation harédie

Un jour, Golda Meir, la Première ministre, m’a adressé ces mots : « Rav Lorentz ! Je suis très inquiète, au point que, depuis de nombreuses nuits, je n’arrive pas à fermer l’œil… » Je lui ai demandé : à cause de la situation en matière de sécurité ? Elle m’a répondu que la situation en matière de sécurité était très, très difficile, mais …

Rav Chlomo Lorenz

Toute la vérité sur l’éducation harédie

Un jour, Golda Meir, la Première ministre, m’a adressé ces mots : « Rav Lorentz ! Je suis très inquiète, au point que, depuis de nombreuses nuits, je n’arrive pas à fermer l’œil… »

Je lui ai demandé : à cause de la situation en matière de sécurité ? Elle m’a répondu que la situation en matière de sécurité était très, très difficile, mais qu’elle était convaincue que nous parviendrions à y faire face.

J’ai poursuivi mes questions : à cause de la situation économique ? Elle m’a répondu que, là aussi, la situation était très, très difficile, mais qu’elle était absolument certaine que nous parviendrions également à y faire face.

J’ai demandé : à cause de la situation dans les relations sociales ? Elle m’a répondu exactement dans les mêmes termes, et il en a été ainsi pour toutes mes autres questions.

Étonné, je lui ai demandé : « Si vous êtes si certaine que nous surmonterons toutes les difficultés, pourquoi êtes-vous inquiète au point de ne pas pouvoir dormir la nuit ? »

Sa réponse était inattendue : « Je crains qu’un jour mes fils et mes petits-enfants ne se disent : pourquoi lutter contre tous ces nombreux problèmes dans notre pays, alors que nous pouvons mener une vie agréable et aisée aux États-Unis ? Et qu’ils quittent notre pays ! »

En réponse, je lui ai demandé : « Avez-vous des craintes semblables concernant mes enfants et mes petits-enfants ? »

Elle m’a répondu : « Non ! Pour vos petits-enfants et les générations suivantes, je suis absolument certaine qu’ils ne quitteront pas notre terre, car ils lui sont attachés de toutes les fibres de leur âme ! »

Et je me suis alors adressé  à elle en ces termes : « Permettez-moi de vous poser encore une question, peut-être peu agréable : d’un côté, vous craignez que vos petits-enfants quittent ce pays ; de l’autre, vous êtes absolument certaine que nos descendants ne le feront pas. S’il en est ainsi, pourquoi avez-vous donc combattu toute votre vie le système d’enseignement et d’éducation des harédim?»

Voici sa réponse : « Croyez-moi, rav Lorentz : je me dis souvent que je me suis trompée ! »

(Remarquons que les paroles de Golda Meir se sont révélées « prophétiques ». Plusieurs centaines de milliers d’anciens Israéliens, issus des familles sionistes les plus prospères, vivent aux États-Unis et dans d’autres pays ; parmi eux figurent de nombreux enfants et petits-enfants d’anciens et d’actuels dirigeants de l’État).

Extrait des souvenirs du rav Chlomo Lorentz, député à la Knesset pour « Agoudat Israël » pendant 33 ans, qui connaissait de près les grandes figures de cette époque. Tiré de son livre « Bé-mé'hitsatam », dont la traduction russe porte le titre « Dans le cercle des grands ».