Le Maharal écrit : « Le plus grand éloge que l'on puisse faire à une femme, c'est de reconnaître sa pudeur. Le plus haut degré auquel elle puisse s'élever est la pudeur » (« Guevourot Hachem », chapitre 60).
Le Gaon de Vilna, de mémoire bénie, dans sa célèbre lettre qui contient des recommandations à sa famille, s'adresse ainsi à sa mère : « Ma maman bien-aimée, je sais que tu n'as pas besoin de mes recommandations, car je sais combien tu es pudique » ! Il n'écrit pas à sa mère qu'elle n'a pas besoin de recommandations parce qu'elle est une femme juste, ou parce qu'elle sait céder, ou parce qu'elle prie longtemps… C'est précisément sa pudeur qu'il souligne !
La nécessité de la pudeur est comprise même par ceux pour qui elle n'est pas une règle stricte. Mais à nous, le peuple juif, la Torah prescrit la pudeur, et nous sommes tenus d'accomplir ce commandement.
Ma mère est née et a grandi en Amérique. Lorsqu'elle eut seize ans, son père l'envoya étudier à « Beit Yaakov », fondé dans la ville polonaise de Cracovie par la juste Sarah Schenirer, que la paix soit sur elle.
Ma mère était la seule élève de « Beit Yaakov » venue d'Amérique en Pologne. Le voyage dura environ un mois ; en chemin, à la demande de son père, un Juif qui se rendait lui aussi en Pologne veillait sur elle. Elle finit par se retrouver à la gare de Cracovie, une valise à la main, sans comprendre un mot de polonais, ne parlant que le yiddish ou l'anglais. Elle engagea un cocher et lui indiqua où aller… Et ils roulèrent et roulèrent, jusqu'à rencontrer un Juif qui leur expliqua comment se rendre à « Beit Yaakov ».
Lorsqu'elle arriva enfin à destination, toute l'école fut en grande effervescence. Pensez donc, une élève arrivait d'Amérique ! Et voilà qu'elle voit la directrice, la juste Sarah Schenirer. Même en Amérique, ma mère s'était toujours habillée avec pudeur ; elle avait soigné sa tenue d'autant plus attentivement qu'elle savait qu'elle se rendait à « Beit Yaakov ». Pourtant, le col de sa robe était légèrement ouvert.
Après lui avoir dit « Chalom », Sarah Schenirer sortit une épingle de sûreté, referma son col et lui dit : « À “Beit Yaakov”, nous ne faisons pas la moindre concession en matière de pudeur ! »
Ce furent ses premières paroles.
Ma mère racontait que les élèves regardaient la directrice avec stupéfaction. Comment pouvait-elle faire cela ?! Elle venait tout juste d'arriver… Et abîmer aussitôt sa robe avec une épingle ?! Mais ma mère expliquait : « J'ai éprouvé une merveilleuse sensation d'élévation spirituelle, impossible à décrire, et qui m'accompagne encore aujourd'hui ! »
À propos du verset « Le Très-Haut fit à l'homme et à sa femme des vêtements de peau et les en revêtit » (Beréchit, 3:21), le midrach dit : « Dans la Torah de rabbi Méïr, il est écrit : des vêtements de lumière » (Beréchit Rabba, 20:12).
On peut se vêtir de vêtements de peau, ou de vêtements de lumière.
Le mot est le même (peau, en hébreu : עור, lumière : אור, ces mots se prononcent presque de la même manière — N.d.T.). L'œil voit des vêtements de peau, mais si une femme s'habille pour le Très-Haut, ses vêtements — couvre-chef, robe, bas — rayonnent tous de lumière, d'éclat et de beauté.
Une femme pudique est une lumière dans son foyer, une lumière au sein du peuple d'Israël. Elle éclaire le monde entier.
à suivre