Nechama Cheli

Trésors cachés - L'essence de la pudeur

En termes simples, l'essence de la pudeur est la protection. Dans le monde matériel, l'être humain met des vêtements chauds en hiver pour se protéger du froid. De même, dans le monde spirituel, tout a besoin de protection. Nous devons préserver le monde créé par le Très-Haut. Et plus une chose est précieuse, plus elle a besoin de protection. L'un…

Trésors cachés - L'essence de la pudeur

En termes simples, l'essence de la pudeur est la protection.

Dans le monde matériel, l'être humain met des vêtements chauds en hiver pour se protéger du froid. De même, dans le monde spirituel, tout a besoin de protection. Nous devons préserver le monde créé par le Très-Haut.

Et plus une chose est précieuse, plus elle a besoin de protection.

Le roi Hizkiyahou fut l'un des plus grands rois juifs. À propos du verset : « La grâce est trompeuse et la beauté est vaine ; la femme qui craint l'Éternel sera louée » (Michlé, 31:30), nos Sages ont dit (Sanhédrin, 20a) : « “La grâce est trompeuse” se rapporte à la génération de Moché ; “la beauté est vaine” se rapporte à la génération de Yéhochoua ; “la femme qui craint l'Éternel sera louée” se rapporte à la génération de Hizkiyahou. »

Hizkiyahou était un juste parfait. Il ramena tout le peuple juif à la Torah. Il planta une épée à l'entrée de la Maison d'étude et proclama : « Quiconque n'étudie pas la Torah sera transpercé par cette épée ! » Et, de fait, « on vérifia de Dan à Béer-Chéva et l'on ne trouva pas un seul ignorant ; de Guivat à Antiparas, tous les hommes, les femmes et les enfants maîtrisaient parfaitement les lois de touma et tahara (pureté et impureté) » ! (Sanhédrin, 94b)

Or, le livre des Prophètes (Melakhim II, 20:1-18) raconte que le roi Hizkiyahou tomba malade.

Que s'était-il passé ? Grâce à son don prophétique, Hizkiyahou avait vu qu'il aurait un fils qui serait un scélérat et avait décidé de ne pas se marier du tout. Le prophète Yéchayahou vint le trouver et lui dit : « Tu mourras et tu ne vivras pas », c'est-à-dire que tu mourras dans ce monde et que tu seras privé du Monde à venir. Après cela, le roi Hizkiyahou pria et se repentit ; le Très-Haut entendit sa prière et lui envoya Yéchayahou, qui lui dit : « Ainsi a dit l'Éternel, D.ieu de David, ton père : J'ai entendu ta prière, J'ai vu tes larmes. Voici, Je te guéris ; le troisième jour, tu monteras à la maison de l'Éternel. »

Hizkiyahou demanda au prophète Yéchayahou : « Quel sera le signe que l'Éternel me guérira ? » Yéchayahou lui répondit : « Voici pour toi le signe de l'Éternel attestant qu'Il accomplira la parole qu'Il a prononcée : l'ombre avancera de dix marches ou reviendra en arrière de dix marches. »

Autrement dit, le Soleil s'arrêtera en l'honneur de Hizkiyahou.

Et le prophète nous raconte ensuite : « En ce temps-là, Berodakh-Baladan, fils de Baladan, roi de Babylone, envoya des lettres et un présent à Hizkiyahou, car il avait entendu dire que Hizkiyahou avait été malade. » Il avait vu le miracle. Les Sages racontent qu'il se réveilla et s'étonna de voir qu'il était encore si tôt. Lorsqu'il apprit que le Soleil s'était arrêté à cause du roi juif Hizkiyahou, il lui envoya immédiatement des lettres et un cadeau.

À l'arrivée des envoyés de Berodakh-Baladan, le roi Hizkiyahou leur montra tous ses trésors : « Et il leur montra ses salles du trésor : l'argent et l'or, les aromates et les huiles précieuses, son arsenal et tout ce que contenaient ses réserves. Il n'y avait rien que Hizkiyahou ne leur ait montré dans sa maison et dans tout son domaine. » Rachi explique : « Il n'y avait rien que Hizkiyahou ne leur ait montré : il leur montra l'Arche, les Tables de la Loi et le rouleau de la Torah. »

Hizkiyahou leur montra absolument tout ; il les fit même entrer dans le Saint des Saints ! Il le fit pour montrer combien le peuple juif était riche et respecté, et ainsi sanctifier le Nom du Ciel.

« Le prophète Yéchayahou vint trouver le roi Hizkiyahou et lui dit : “Qu'ont dit ces hommes, et d'où sont-ils venus te trouver ?” Hizkiyahou répondit : “Ils sont venus d'un pays lointain, de Babylone.” Il dit (Yéchayahou) : “Qu'ont-ils vu dans ta maison ?” Hizkiyahou répondit : “Ils ont vu tout ce qui se trouve dans ma maison ; il n'y a rien de mes trésors que je ne leur aie montré.” Yéchayahou dit à Hizkiyahou : “Écoute la parole de l'Éternel. Voici, des jours viendront où tout ce qui se trouve dans ta maison, tout ce que tes pères ont amassé jusqu'à ce jour, sera emporté à Babylone ; il ne restera rien, a dit l'Éternel. Ils prendront aussi parmi tes fils, ceux qui naîtront de toi, que tu engendreras, et ils seront des serviteurs de cour dans le palais du roi de Babylone.” »

Hizkiyahou avait de bonnes intentions : rehausser le statut d'Israël aux yeux des autres peuples. Et voilà que le prophète arrive, lui reproche un crime terrible et lui annonce l'effroyable châtiment qui l'attend !

Quel était donc le péché de Hizkiyahou ?

Le fait est que l'on ne montre pas ses véritables joyaux aux autres ! Nous ne pouvons pas savoir ce qu'il y a sur les comptes de nos amis ! L'être humain est prêt à tout raconter sur lui-même, sauf à parler de ses dépôts bancaires ! Autrefois, les relevés de comptes bancaires étaient même estampillés « secret »…

Le Temple était fermé de tous côtés. Et le Saint des Saints l'était plus encore, puisqu'on y conservait ce que le peuple juif avait de plus précieux : l'Arche, dans laquelle se trouvaient les Tables de la Loi et le rouleau de la Torah !

Le Grand Prêtre était le seul homme autorisé à entrer dans le Saint des Saints, et il est dit : « Personne ne doit se trouver dans la Tente d'assignation » (Vayikra, 16:17) ; le Grand Prêtre s'y trouvait seul. Là, dans le Saint des Saints, se trouvaient les kérouvim, symbolisant l'amour du Très-Haut pour le peuple juif, et cet amour devait être caché : « Personne ne doit se trouver dans la Tente d'assignation. »

Nous prions dans une synagogue, et non dans la rue. Nos Sages disent (Berakhot, 34b) : « Un insolent prie dans la vallée. » Et nous étudions la Torah dans la Maison d'étude. Car le lien entre le Très-Haut et le peuple juif est un lien d'amour, si précieux qu'il faut le dissimuler et le cacher !

On cache les joyaux, c'est dans la nature des choses.

Et il y a à cela une bonne raison : les joyaux doivent être protégés ! Si quelqu'un marche dans la rue en tenant une liasse de billets à la main, un type peut surgir au coin d'une rue à tout moment et les lui arracher.

Une personne qui doit transporter une grosse somme d'argent prendra le petit sac le plus ordinaire qu'elle trouvera chez elle, s'habillera aussi simplement que possible et prendra le bus plutôt qu'un taxi, tout cela pour attirer le moins d'attention possible et pour que personne ne pense même qu'elle a beaucoup d'argent entre les mains.

C'est ainsi que le monde est fait...

à suivre