Nechama Cheli

Trésors cachés - La pudeur est un joyau

Dans notre génération, que le Très-Haut ait pitié, la débauche règne dans les rues. Il est tout simplement étonnant de voir que les gens n'ont pas honte de se montrer ainsi en public. Il me semble que la raison en est qu'ils sont dépourvus de substance intérieure et n'ont tout simplement rien à cacher. C'est effrayant à dire, mais il convient ici de se souven…

Trésors cachés - La pudeur est un joyau
Dans notre génération, que le Très-Haut ait pitié, la débauche règne dans les rues.

Il est tout simplement étonnant de voir que les gens n'ont pas honte de se montrer ainsi en public. Il me semble que la raison en est qu'ils sont dépourvus de substance intérieure et n'ont tout simplement rien à cacher.

C'est effrayant à dire, mais il convient ici de rappeler le verset : « Réjouis-toi, toi qui n'as pas d'enfant, toi qui n'as pas enfanté ! » (Yéchayahou, 54:1). La Guemara (Berakhot, 10a) raconte qu'un apostat demanda à Brouria : « Doit-elle vraiment se réjouir de ne pas avoir d'enfant ? » Brouria lui répondit : « Insensé ! Lis le verset jusqu'au bout ! Il y est dit : “Car [elle], la délaissée, aura plus de fils que la femme mariée, a dit l'Éternel.” Qu'elle se réjouisse de ne pas avoir enfanté de fils comme toi, voués à l'enfer ! »

Un jour, on m'a invité à prendre la parole à l'école « Mekif-Dati » (école secondaire publique religieuse) d'Ofakim. J'en ai gardé une impression indélébile… Je suis entré dans la classe, et le professeur s'est trouvé terriblement gêné, tant le vacarme y était grand… Il lui a fallu du temps pour les calmer… Juste devant moi étaient assis deux garçons avec un journal entre les mains. Je leur raconte quelque chose (rien de compliqué, à leur niveau), et eux feuillettent le journal…

Je me suis dit : « Maître du monde, combien le niveau de notre génération a baissé, si de tels enfants voient le jour ! » Dans notre société, qui observe les commandements, il reste tout de même certaines valeurs...

La notion même de « pudeur » est un joyau, un diamant étincelant.

Car si nous voulons élever des Sages de la Torah, des justes, tout doit être fermé et scellé. Autrefois, les femmes avaient conscience qu'elles pouvaient mettre au monde un Rachi, un Rambam, un Hafets Haïm, et elles étaient prêtes à le protéger autant que possible. Aujourd'hui, nous avons perdu ce savoir. Nous avons perdu le sens de la valeur de l'être humain !

Lorsqu'une femme prend conscience qu'elle est la source de la présence du Très-Haut, qu'elle peut faire venir au monde un grand Sage, elle comprend que personne ne doit voir une telle source ! Car c'est un diamant étincelant dont personne ne doit soupçonner l'existence !

Lorsque le roi Hizkiyahou montra à ses invités non juifs tous les trésors du Temple, leur montra le Saint des Saints, le Très-Haut lui annonça immédiatement que tout lui serait retiré ! Si l'on expose des diamants aux regards, si l'on marche dans la rue en agitant une liasse de billets, il se trouvera forcément un vaurien qui voudra s'emparer de tout cela.

À la guerre, l'ennemi ne vise ni le bras ni la jambe, mais uniquement le cœur !

Et lorsque le mauvais penchant tend ses filets, il cherche avant tout à frapper un organe vital : la pudeur, dont dépend l'âme juive !

La pudeur consiste à couvrir et à cacher ce qui nous est cher. C'est une valeur fondamentale du peuple juif.

Nos ancêtres ont été conduits hors d'Égypte pour quelques mérites seulement, dont la pudeur.

Nos Sages racontent l'histoire d'un groupe de quatre cents enfants que l'on emmenait dans des maisons de débauche romaines. Ces enfants se sacrifièrent en se noyant dans la mer afin de préserver leur pudeur (Guitin, 57b). Et les femmes juives de toutes les générations étaient prêtes à se sacrifier pour respecter les lois de la pudeur.

C'est par le mérite des femmes juives vertueuses que nous avons été conduits hors d'Égypte. Et par le mérite des femmes juives vertueuses de notre génération, puissions-nous mériter une prompte Délivrance !

Traduction de Mme H. Berman