Rabbanite Léa Gans
Troisième leçon. Nous appartenons à Yaakov
Encore une leçon du patriarche Yaakov, une leçon de sa vie très importante pour nous, selon le principe : « Les actes des pères sont un signe pour les fils ». Lorsque Yaakov envoie du bétail en cadeau à Essav, il avertit ses serviteurs qu’Essav pourrait vouloir davantage que ce qui lui est offert. « Et il remit entre les mains de ses serviteurs chaque troupeau séparément, et dit à ses serviteurs : Passez devant moi et laissez un espace entre un troupeau et le suivant. Il donna cet ordre au premier, en disant : Lorsque mon frère Essav te rencontrera et te demandera : À qui appartiens-tu (qui sers-tu) et où vas-tu ? Et à qui appartiennent ces animaux devant toi ? Tu répondras : À ton serviteur Yaakov ; c’est un présent envoyé à mon seigneur Essav » (Béréchit, 32:17-19).
Que demande Essav, au fond ? Il voit les troupeaux que Yaakov lui a envoyés, mais les animaux ne lui suffisent pas : il veut également s’approprier les serviteurs qui conduisent ces troupeaux ! C’est le sens de sa question : « À qui appartiens-tu ? », c’est-à-dire : « À moi aussi ? ». Mais Yaakov connaît l’avidité et l’insatiabilité de son frère. Il sait également qu’il ne faut en aucun cas remettre à Essav ses serviteurs, qui observent les mitsvot dans la maison de Yaakov, tandis que dans celle d’Essav, ils sombreront au contraire dans l’impureté !
Les serviteurs devaient donc répondre : « Nous (appartenons) à ton serviteur Yaakov », et nous ne passerons pas à ton service !
Quelle leçon en tirons-nous donc ? Le 'Hafets 'Haïm écrit qu’à notre époque (il parle de son époque, mais cela est d’autant plus vrai à la nôtre), les parents confient leurs enfants à la maison d’Essav pour des « diplômes », pour des « études ». On nous promet des diplômes reconnus, des titres universitaires, un emploi. On ignore s’ils tiendront leur promesse, mais les enfants échappent déjà à notre influence. Même si un enfant possède lui-même de très belles qualités morales et une âme élevée et vertueuse, il court tous les risques de se corrompre en se trouvant dans un tel endroit. Il subit désormais l’influence d’enseignants et de conférenciers qui, probablement, ne seront pas animés par la crainte du Ciel.
On sait qu’il est difficile aux enfants de résister à l’influence de leur entourage ; les parents doivent donc bien réfléchir au choix du lieu où leurs enfants étudieront.
Si la décision a été prise en se laissant impressionner par le montant de la bourse versée par cet établissement d’enseignement supérieur, sans s’être suffisamment renseigné sur sa moralité, il n’est pas étonnant qu’au fil du temps, l’enfant commence à glisser toujours plus bas et à observer de moins en moins les mitsvot, jusqu’à ce que nous commencions à tirer la sonnette d’alarme — mais trop tard. Certains établissements d’enseignement supérieur ont obtenu une autorisation pour une section religieuse (c’est-à-dire qu’elle est véritablement religieuse), mais il faut se renseigner scrupuleusement sur chaque lieu d’études.
À suivre
Texte préparé par : Mme Zissi Skarjinskaïa