Nechama Cheli

Un Chabbat profané est comme un cœur blessé

D’après les cours de la rabbanite M. Lévi (fille du rav Chimchon David Pinkous) Le Chabbat est le cœur. Un cœur blessé est une tragédie. Il faut protéger le cœur. Autrement dit, observer très scrupuleusement les lois du Chabbat. Habituellement, à l’entrée du Chabbat, nous changeons notre manière d’agir et cessons de fonctionner automatiquement. Les Juifs revenus…

R. M. Lévi

Un Chabbat profané est comme un cœur blessé
D’après les cours de la rabbanite M. Lévi (fille du rav Chimchon David Pinkous)

Le Chabbat est le cœur. Un cœur blessé est une tragédie.

Il faut protéger le cœur. Autrement dit, observer très scrupuleusement les lois du Chabbat. Habituellement, à l’entrée du Chabbat, nous changeons notre manière d’agir et cessons de fonctionner automatiquement.

Les Juifs revenus au judaïsme remarquent que le plus difficile pour eux est de ne pas accomplir, pendant Chabbat, les gestes qu’ils font constamment, par exemple ne pas éteindre la lumière en quittant une pièce.

Pendant Chabbat, nous surveillons constamment nos gestes. Rien n’est banal, accompli sans y penser, par simple habitude. Tout sort de l’ordinaire.

Papa racontait la célèbre histoire de Boustenaï, consignée dans le livre « Seder Hadorot ». Boustenaï était le seul descendant du roi David à avoir survécu après l’extermination de toute sa famille. Il fut sauvé miraculeusement, ce qui permit à la lignée de David de se perpétuer et, avec l’aide de D.ieu, nous aurons le mérite de voir le Machia’h, descendant de Boustenaï, descendant du roi David.

L’emblème de la famille de Boustenaï était un moustique. Pourquoi ?

Dans sa jeunesse, Boustenaï rencontra le roi de Perse. Pendant leur entrevue, un moustique entra dans la pièce et se posa sur le front de Boustenaï. La réaction humaine naturelle dans une telle situation est de lever la main pour chasser le moustique. Boustenaï resta debout, sans bouger. Le moustique continuait à boire son sang.

Le roi ne put s’empêcher de demander : « Pourquoi ne chasses-tu pas le moustique ? » Boustenaï lui répondit : « J’ai reçu de mon père une tradition selon laquelle, en présence du roi, aucun mouvement n’est permis sans son accord. » Cela plut beaucoup au roi, qui ordonna de faire du moustique l’emblème de la famille de Boustenaï. On ne sait pas très bien quels mérites ont valu au moustique un tel honneur, mais ce n’est pas ce qui nous importe ici.

Papa répétait : « En présence du roi, aucun mouvement n’est permis sans son accord. »

Pendant Chabbat, nous ne pouvons faire aucun mouvement sans l’accord du Tout-Puissant, car nous sommes chez Lui ! Il y a des gestes que nous faisons automatiquement les autres jours. Pendant Chabbat, nous nous rappelons sans cesse qu’il existe des gestes permis et des gestes interdits. Le rav Yonathan Eybeschütz disait qu’il est indispensable d’étudier les lois du Chabbat pour ne pas les transgresser, car en les transgressant, nous portons un coup au cœur du judaïsme.

À suivre
Traduction et adaptation : Mme H. Berman