Rabbanite Esther Offengenden
Alors, par quoi commencer ?
Nous commençons toujours par une petite chose, mais la plus importante.
Nous avons déjà parlé de l’importance du langage corporel dans la communication. On se fie bien plus à notre apparence qu’à ce que nous disons. C’est pourquoi, dans les relations entre les personnes, il faut commencer par c o m m e n t nous parlons, c o m m e n t nous regardons : par l’expression du visage.
Au cours de mes consultations, j’ai souvent rencontré la situation suivante. Je demande à l’épouse :
- Quand avez-vous dit pour la dernière fois à votre mari que vous l’aimiez, ou quelque chose d’autre de tendre et d’agréable ?
Elle répond :
- Hier.
Et son mari, assis à côté d’elle, s’étonne :
- Je ne m’en souviens pas. Cela remonte à bien des années !
Il s’avère que sa femme lui a dit à peu près ceci :
- Pourtant, je t’aime tellement, et toi, tu ne fais même pas les choses les plus élémentaires !
Il arrive aussi que les choses se passent autrement. Après avoir lu quantité d’ouvrages savants, le mari décide de « distribuer » des compliments. En suivant une liste. Deux fois par jour, à raison d’une cuillère à soupe. Et il ne comprend vraiment pas pourquoi sa femme n’est pas ravie.
Les mots sont très importants ! Mais seulement s’ils s’accompagnent d’un sourire, de chaleur dans le regard et de tendresse dans la voix.
Imaginez la scène. Le mari rentre chez lui et s’approche de la porte qui sépare deux mondes totalement différents. Le monde de l’être humain, de la proximité humaine, de l’unité, – et le monde des gens, des relations formelles, de la carrière. Le mari, qui se tient dehors (devant la porte), est submergé par les sensations du monde extérieur. Sa femme, absorbée par les soins aux enfants et les préparatifs du retour de son époux, est plongée dans les préoccupations intérieures. Et voilà que l’homme doit maintenant faire un pas décisif, passer d’un monde à l’autre. De quoi faire pâlir les auteurs de science-fiction ! En une fraction de seconde, il doit laisser derrière la porte tout ce qui ne s’accorde pas avec le monde intérieur du foyer. Bien sûr, c’est mieux si le mari a conscience de ce qui se passe. Il peut s’arrêter devant la P o r t e, prendre quelques inspirations, se mettre dans le bon état d’esprit. Mais si, à son entrée, il est accueilli par le « salut » indifférent d’une femme qui coince son téléphone entre une épaule et son oreille, serre dans une main une louche et un petit pantalon sale et, de l’autre, l’autorise à entrer dans l’appartement d’un geste d’agent de la circulation, rien ne fonctionnera.
En revanche, un simple sourire chaleureux, un joyeux « Nous t’attendions ! » peuvent faire des miracles.
(Mais n’ajoutez pas aussitôt pour quoi, exactement, vous l’attendiez. Laissez-lui quelques minutes le sentiment que c’est lui que vous attendiez, et non celui qui donnera le bain aux enfants et fera la vaisselle !)
Notre regard, notre sourire, notre ton ont une grande force. Servez-vous-en !
à suivre