Nechama Cheli

Une conversation téléphonique qui a conduit à la téchouva

Des exemples de Hachga'ha pratit (la manière dont le Tout-Puissant veille sur chacun et prend soin de lui personnellement) lors du retour à la téchouva : de petites « coïncidences » qui ont bouleversé une vie… Cette histoire de sa vie a été racontée au rav Schwadron par l’un de ses élèves, un baal téchouva, talmid 'hakham et avrekh, qui étudiait dans l’une des meilleures yéchivot d’Israël. A. avait été amen…

Rav Chalom Schwadron

Une conversation téléphonique qui a conduit à la téchouva
Des exemples de Hachga'ha pratit (la manière dont le Tout-Puissant veille sur chacun et prend soin de lui personnellement) lors du retour à la téchouva : de petites « coïncidences » qui ont bouleversé une vie…

 Cette histoire de sa vie a été racontée au rav Schwadron par l’un de ses élèves, un baal téchouva, talmid 'hakham, avrekh, qui étudiait dans l’une des meilleures yéchivot d’Israël.

A. avait été amené en Israël depuis la Hollande à l’âge de deux ans. Sa famille s’était installée à Tel-Aviv, où il avait grandi et fréquenté l’école secondaire, totalement coupé de tout ce qui relevait de la tradition juive. Après avoir terminé ses études secondaires, il demanda à ses parents l’autorisation de se rendre en Europe pour participer à un périple à vélo organisé à travers tout le continent. Ses parents, qui étaient aisés, acceptèrent, et A. partit en voyage.

Un vendredi, en plein périple à vélo, A. ressentit soudain un profond manque de ses parents et une envie irrépressible de leur parler. Son groupe se trouvait alors au cœur d’une forêt en Allemagne, mais, malgré toutes les difficultés, il s’en sépara et partit à la recherche du bureau de poste le plus proche d’où il pourrait téléphoner à l’étranger. Une fois arrivé, A. apprit que le bureau de poste local ne disposait pas de liaison directe avec Israël : il fallait d’abord être mis en communication avec Berlin, puis avec Tel-Aviv. Tout cela rendait l’appel plusieurs fois plus cher, mais même cela ne pouvait arrêter le jeune homme. Finalement, la conversation eut lieu. A. parla avec sa mère et en profita pour lui demander l’autorisation de partir, après son voyage en Europe, pour une destination plus exotique : l’Himalaya. Sa mère n’y voyait pas d’objection, mais lui demanda de rentrer d’abord à la maison pour la revoir, ainsi que son père. Au cours de la conversation, sa mère lui dit soudain qu’un ami de longue date de A. venait justement de passer chez eux. Ayant appris qu’elle parlait à son fils, il avait demandé qu’elle dise à A. de venir également le voir à son retour à Tel-Aviv, car ils avaient des choses à se dire.

De retour de voyage, A. retrouva ses parents et, sans s’attarder, se hâta d’aller chez son ami. Mais à peine celui-ci eut-il ouvert la porte que A. s’exclama involontairement : « Qu’est-ce qui t’est arrivé !? » Son ami, qui portait désormais des péot et une barbe, lui sourit chaleureusement, l’invita à s’asseoir et commença à raconter : « Tu sais que nous avons toujours été différents, toi et moi. Tu ne t’es simplement jamais intéressé à la religion, tandis que moi, je luttais activement contre “l’emprise religieuse” et j’avais même pris la tête d’une ligue antireligieuse. Ma haine de la foi juive était devenue telle que j’avais décidé d’y renoncer totalement. Mais alors, la voix de la raison s’est éveillée en moi et a objecté : avant de me résoudre à une démarche aussi radicale, je devrais savoir ce que je quitte et où cela me mènera. C’est ainsi que j’ai commencé à découvrir le judaïsme… Lorsque la richesse spirituelle que, dans ma sottise, j’avais failli jeter s’est peu à peu révélée à moi, je suis allé à la yéchiva “Or Saméa'h” pour étudier plus en profondeur, et, avec le temps, mon apparence a également changé. Maintenant, j’ai décidé de partager aussi avec toi ce que j’ai vécu spirituellement. »

A. ne rejeta pas d’emblée la proposition de son ami. Il lui dit qu’au cours de la semaine qui restait avant son départ pour l’Himalaya, il était prêt à découvrir le judaïsme de plus près.

« Aujourd’hui, c’est la veille de Yom Kippour, dit son ami. À Yom Kippour, tous les Juifs jeûnent : ils ne mangent ni ne boivent de toute la journée et la passent à la synagogue. Tu peux te joindre à moi si tu veux. » A. accepta, bien qu’il ne sût presque rien de cette étrange journée et qu’il n’eût, bien sûr, jamais essayé de prier. Mais à la fin de la fête, alors qu’il partageait un repas avec son ami, il sentit une chaleur étonnante l’envahir. Il déclara alors solennellement à son ami : « Je veux aller avec toi à la yéchiva. »

« C’est ainsi que je suis devenu celui que vous voyez : un étudiant de l’une des yéchivot les plus renommées », conclut A.

Traduction – M. Klimovskaïa. Tiré du livre « Interroge ton père, et il te racontera… », compilé par le rav Israël Spiegel.