Rav Simha Cohen
L'exemple suivant nous permettra d'illustrer un autre aspect de la différence d'approche du partenariat entre les hommes et les femmes.
Rachel a reçu un tableau en cadeau. Elle regarde les murs de la maison et réfléchit au mur et à l'endroit où elle devrait l'accrocher. Elle envisage plusieurs possibilités et finit par prendre une décision sans équivoque : sur le mur à droite de l'entrée. Elle pose le tableau près de ce mur et attend le retour de son mari pour qu'il l'accroche à l'endroit où, selon elle, il fera le plus bel effet.
Le mari rentre à la maison. Sa femme lui montre un tableau, qu’il trouve beau. Elle jette alors un regard vers le mur au milieu duquel elle a décidé de placer le tableau et demande à son mari : « Sur quel mur penses-tu qu’il faudrait l’accrocher ? » Le mari ne remarque pas que son regard se porte sur le mur de droite, se met à examiner les murs de la pièce et décide enfin que le mur opposé convient très bien au tableau. Mais lorsqu’il donne son avis, son épouse répond aussitôt : « Pas là, à gauche, mais ici, à droite. » Il s’agace alors : « Si tu as déjà décidé, pourquoi poser la question ?! »
Qu’est-ce qui a provoqué le malentendu dans cette situation ?
La femme a une psychologie tournée vers le partenariat : elle interroge donc son mari non seulement sur ce qu’elle ne sait pas, mais aussi sur des questions dont elle connaît déjà la réponse. Elle le « consulte » sur des sujets à propos desquels elle s’est déjà fait une opinion, et pas seulement sur ceux auxquels elle réfléchit encore. Il n’est en effet pas juste qu’un partenaire fasse quelque chose sans consulter l’autre, même s’il a déjà pris une décision. De plus, elle a besoin que sa position soit confirmée.
Le mari, quant à lui, n’a pas cette « psychologie du partenariat » : il ne pose de questions que sur ce qui lui inspire encore des doutes, et non sur les sujets à propos desquels il a déjà pris position (« Pourquoi poser la question si je sais déjà ? »).
Le mari, habitué à ne poser de questions que lorsqu’il ne connaît pas lui-même la réponse, entend la question de sa femme et suppose qu’elle n’en connaît pas la réponse et qu’elle n’a pas encore arrêté de décision sur le meilleur emplacement du tableau ; car « si ce n’est pas le cas, pourquoi me pose-t-elle la question ? » Dans cet exemple, il ne peut même pas imaginer que sa femme avait déjà décidé où accrocher le tableau avant de s’adresser à lui.
Après s’être creusé la tête pour l’aider à décider, il découvre alors, à sa grande surprise, qu’elle a déjà une réponse toute prête, différente de son avis. C’est pourquoi le mari en vient souvent à avoir le sentiment que « peu importe ce que je dis, ma femme dira toujours le contraire », alors que, comme nous l’avons dit, la femme souhaitait seulement, par sa question, partager ses pensées avec son mari.