Nechama Cheli

Une recette contre la fatigue

Aujourd’hui, je voudrais vous donner un conseil, à moi aussi, pour ne pas se fatiguer : une véritable recette contre la fatigue. Vous direz que c’est impossible : nous travaillons à la maison et à l’extérieur, souvent en enchaînant trois services, nous nous couchons tard et nous nous levons tôt… Nous essayons de garder nos forces, nous prenons toutes les vitamines imaginables et inimaginables. Rien n’y fait…

Une recette contre la fatigue

Aujourd’hui, je voudrais vous donner un conseil, à moi aussi, pour ne pas se fatiguer : une véritable recette contre la fatigue. Vous direz que c’est impossible : nous travaillons à la maison et à l’extérieur, souvent en enchaînant trois services, nous nous couchons tard et nous nous levons tôt… Nous essayons de garder nos forces, nous prenons toutes les vitamines imaginables et inimaginables. Rien n’y fait.

Un des admourim hassidiques disait : « Quand j’étais jeune, je rêvais d’améliorer le monde entier. En vieillissant, j’ai compris que c’était une illusion. Je ne pourrais pas accomplir cette tâche tout seul. J’ai alors décidé de corriger au moins tous les habitants de ma ville. Mais cela aussi dépassait mes forces. J’ai compris que je n’y arriverais pas. J’ai alors entrepris de corriger les membres de ma famille, de les conduire sur le chemin de la droiture. Mais lorsque j’ai échoué là aussi, j’ai décidé de me corriger au moins moi-même. »

Il est évident qu’un tel homme a pu devenir un admour, un juste au sein du peuple d’Israël. Dès qu’une personne comprend qu’elle doit avant tout se corriger elle-même, sa droiture commence à se répandre autour d’elle, comme la bonne odeur d’un parfum, sans même qu’elle en vaporise sur les autres. Ses proches ressentent son influence bienfaisante sans qu’elle prononce des milliers de paroles pour les corriger.

Comme nous critiquons souvent nos enfants et nos proches ! « Comment as-tu pu agir ainsi ? », « Quelle est cette façon de parler ? » Je me souviens qu’à la mort de mon père, l’un des sujets que nous évoquions, lorsque nous observions la Chiva, était celui-ci : comment papa pouvait-il être si grand, si exceptionnel, comment exerçait-il une telle influence sur nous sans rien nous dire ? Il nous a « construits », il nous a aidés à nous former en tant que personnes, sans même nous critiquer ni nous faire la leçon. Il était constamment en train de progresser. De temps à autre, il disait, comme s’il ne s’adressait à personne : « J’ai lu qu’il ne convient pas à un Juif d’être impatient », « J’ai décidé de féliciter tout le monde plus souvent », « Cette semaine, je vais travailler sur un trait de caractère précis, par exemple la joie. » Nous avions devant nous un homme en constante recherche spirituelle, en mouvement. Il parlait toujours de lui-même, de la manière dont il pouvait se corriger lui-même, mais cela avait une influence sur nous ! Comme cet admour hassidique dont nous avons parlé : une personne se corrige elle-même, mais cela agit sur son entourage. L’influence d’une telle personne ressemble à un parfum agréable qui émane d’elle — la source de cette senteur — et se répand vers tous ceux qui l’entourent, sans même qu’elle ait à s’adresser directement à eux.

L’exemple personnel est bien plus efficace que toute critique, même constructive. Comme il est difficile, comme il est épuisant d’être constamment aux aguets pour faire des remarques ! Comme on se fatigue de cette tension permanente, de cette lutte quotidienne !

À la fin de la journée, ce qui me fatigue le plus, ce n’est ni la vaisselle, ni la lessive, ni le repassage, ni la préparation des repas et autres tâches de ce genre. Ce qui me fatigue le plus, ce sont les disputes incessantes, l’affrontement entre parents et enfants.

Évitons donc cela. Concentrons-nous sur la construction de notre propre personnalité et sur la correction de nos traits de caractère, que notre entourage pourra constater, plutôt que sur la critique des autres. Comme il est dit dans la paracha Nitsavim : « Et l’Éternel circoncira ton cœur et le cœur de ta descendance… » (Devarim 30:6). Qu’est-ce que la circoncision du cœur ? Cela signifie retirer du cœur ce qui l’empêche de percevoir le Créateur, une sorte d’enveloppe grossière. Par exemple, les mauvais traits de caractère. Autrement dit, si une personne travaille sur elle-même, le Créateur l’aide en retirant ces mauvais traits du cœur de sa descendance.

Ainsi, en travaillant sur nous-mêmes, nous aidons aussi nos enfants à s’élever, à se rapprocher du Créateur, sans critiques ni leçons de morale — uniquement par notre propre exemple !

Traduction et adaptation : Mme Zissi Skarjinskaïa