Nechama Cheli

Hanouka – et la joie de maman

Le début est ici La joie de maman Il est maintenant temps d’expliquer ce qu’est ima semé'ha. Hanna était la maman de 7 fils. L’oppresseur voulait forcer chacun d’eux à se prosterner devant une idole. Aucun ne l’a fait — et ils ont été tués, l’un après l’autre. Le plus jeune, 'Hizkiyahou, dont la tombe se trouve dans l’ancien cimetière de Safed, avait…

Rabbanite Yemima Mizrahi

Hanouka – et la joie de maman

Le début est ici

La joie de maman

Il est maintenant temps d’expliquer ce qu’est ima semé'ha. Hanna était la maman de 7 fils. L’oppresseur voulait forcer chacun d’eux à se prosterner devant une idole. Aucun ne l’a fait — et ils ont été tués, l’un après l’autre. Le plus jeune, 'Hizkiyahou, dont la tombe se trouve dans l’ancien cimetière de Safed, n’avait que 2,5 ans (selon certains avis). En le voyant, le souverain eut « pitié » du garçon et lui dit : « Je vais jeter un anneau au pied de l’idole ; tu te baisseras pour le ramasser, et tout le monde croira que tu t’es prosterné… » Le garçon refusa et fut tué. Sa mère, qui avait enduré toutes ces morts sous ses yeux, monta sur le toit et se jeta dans le vide, mettant fin à ses jours. Une bat kol se fit entendre et dit (Téhilim 113:9) : « De la femme sans enfants, qui reste à la maison, (Il fait) une mère heureuse de ses enfants. » Sommes-nous des kamikazes, ou quoi ? Une mère juive se réjouit-elle donc que l’on tue ses enfants, même pour l’honneur du Tout-Puissant ?

En m’appuyant sur l’explication du Maharal, je voudrais dire ceci. Lorsque les Grecs proposaient à ses enfants la mort ou une fortune (s’ils se prosternaient devant l’idole), elle n’avait pas besoin de leur chuchoter : « Refuse ! » Ils savaient eux-mêmes quoi répondre. Comment ? Parce qu’ils se souvenaient que, dans une autre vie, avant les interdictions grecques, ils avaient vu chez eux leur maman… joyeuse. Accomplissant les mitsvot avec joie, préparant Chabbat avec joie. « Il n’existe aucune tentation au monde qui puisse éclipser pour nous ce souvenir, maman ! »

Même lorsque maman ne sera plus à nos côtés, nous suivrons le chemin qu’elle nous a enseigné, parce que nous avons vu ce qu’il signifie pour elle.

Lorsque mon fils Yossef 'Haï est mort, nous rentrions de l’hôpital Hadassah Ein Kerem, et je ne demandais qu’une seule chose au Tout-Puissant, priant pour cela tout le long du trajet : « Seigneur, je veux rentrer chez moi avec le sourire. » Et lorsque nous sommes arrivés, je suis entrée dans la maison avec le sourire. Mes enfants sont venus vers moi, m’ont embrassée, et j’ai lu dans leurs yeux : « Quelque chose de terrible est arrivé. Mais puisque maman a encore le sourire, tout ira bien. » Pourquoi ai-je adressé une demande aussi étrange au Tout-Puissant ? Parce que j’avais étudié le droit. Et à ce moment-là, je représentais ainsi au mieux, devant mes enfants, mon « client » — le Tout-Puissant, accusé de meurtre. Tel était aussi Yossef le juste. Il ne voulait pas que l’on accuse le Tout-Puissant de ses malheurs. Le Tout-Puissant a-t-il besoin de mes services d’avocate ?

La réponse est très profonde. Lorsque tu Lui dis : « Tu es bon, Tu es bon », Il s’engage à être bon. Ce n’est que dans la langue sainte que nous appelons D.ieu « Hachem », le Nom. Le Tout-Puissant dit : selon le nom que tu Me donnes, ainsi J’agirai avec toi. Si tu M’appelles Bon, tu auras de quoi Me remercier. « Bon est Ton Nom, et il convient de Te rendre grâce. » Je L’appelle Bon, malgré tout. Mes enfants me voient avec le sourire — et comprennent que maman n’accuse pas le Tout-Puissant, bien au contraire.

Bonté et Vérité

Un autre de Ses Noms est Emet, la vérité. « D.ieu est proche de ceux qui L’appellent, de chacun de ceux qui L’invoquent en vérité (bé-Emet). » Rabbi Chimon bar Yo'haï se rendait au Temple pour prier avec ses disciples et, en chemin, il vit… un cadavre. Il dit à ses disciples qu’il déterminerait de quoi ce malheureux était mort. Il tendit l’oreille et dit : « Il est mort parce qu’il n’a pas dit “emet” 8 fois aujourd’hui. » Avant la prière de la « Chémoné Essré », on prononce 8 fois le mot emet dans « Emet vé-Yatsiv » (noussa'h séfarade et édot hamizra'h). Rabbi Nathan dit que ces 8 fois sont semblables aux 8 jours de Hanouka. Voilà qui est étonnant ! Expliquons cela progressivement.

Avant de commencer la Amida et nos demandes au Tout-Puissant, nous devons nous dire 8 fois : « En vérité, Tu es le D.ieu tout-puissant du monde et notre Roi ; en vérité, Tu es notre D.ieu et Celui de nos pères ; en vérité, merveilleuse est la part de l’homme qui sera attentif à Tes commandements ; en vérité, Tu nous as fait sortir d’Égypte et nous as délivrés de la maison de servitude… »

Le fait de nous rappeler 8 fois qu’Il est bon envers nous L’« oblige » (mesure pour mesure) à nous traiter avec bonté.

Cet homme qui était mort se rendait lui aussi au Temple pour prier — prier pour sa guérison. Mais il n’y croyait pas : « Le Tout-Puissant me guérira-t-Il vraiment grâce à ma prière ? » Il ne s’était pas dit 8 fois (à lui-même !) : « Emet ! » Et il ne s’était pas convaincu.

Pharaon avait fait des rêves. Il ne croyait aucun des interprètes. On lui avait donné une multitude d’explications, mais il cherchait celui qui orienterait la réalité selon le bon scénario qui donnerait au rêve une interprétation favorable ! La Guémara rapporte une histoire à ce sujet. Une femme effrayée vint trouver rabbi Elazar ben Azaria : « J’ai fait un mauvais rêve : une poutre du plafond de ma maison s’est brisée ! » Rabbi Elazar lui répondit : « Mazal tov ! Cette année, tu auras un fils ! » Cette rupture, c’est un machber (une situation de tension), et un machber, c’est un accouchement. Et c’est ce qui arriva. Puis il partit, et elle revint — avec le même rêve. Ses disciples se proposèrent de l’aider. « Qu’as-tu rêvé ? » « Une poutre du plafond de ma maison s’est brisée ! » Et ils lui dirent : « Pauvre femme. Ton mari va mourir. » Elle s’en alla en pleurant. Rabbi Elazar revint et la vit. Apprenant la cause de ses larmes, il réprimanda ses disciples : « Vous avez tué son mari ! » (Le Talmud dit que la réalisation des rêves suit leur interprétation.)

Ce monde est un rêve. Il faut l’interpréter correctement.

Aux femmes malades, je dis : « Ma'hala (la maladie) contient les mêmes lettres que le fait de rêver ('halima). Rêve ! Ne compte rien — ni les comprimés, ni les statistiques, ni les probabilités ! Compter et calculer, tout cela est grec ! » Il faut donner aux mauvais rêves une interprétation favorable, car, par la suite, ce bien deviendra vérité.

Le mot « Emet » est écrit huit fois dans « Emet vé-Yatsiv ». Rabbi Nathan dit que ces 8 fois sont semblables aux 8 jours de Hanouka. Pourquoi ? Parce que, chaque jour, nous disons « Al Hanissim », « Pour les miracles », en répétant qu’Il a accompli des miracles pour nous. Et en Lui affirmant, ainsi qu’à nous-mêmes, qu’Il accomplit des miracles pour nous. Alors, le huitième jour, le Seigneur exaucera nos demandes, accomplira des miracles.

Mais emet (la vérité) est-elle toujours tov (le bien) ?

Le Tout-Puissant, dont le sceau est la vérité, dispense le bien à la création. Ainsi, ce qui fait du bien aux gens est la vérité, et le contraire ne l’est absolument pas. J’ai assisté aux funérailles d’un directeur de yéchiva qui froissait, et blessait ainsi, de nombreux élèves, et j’ai entendu l’un des jeunes hommes dire : « Je ne suis venu ici que pour dire : “J’ai pardonné.” » Et le fils du défunt a dit dans son éloge funèbre : « Je sais que mon père a blessé beaucoup de gens, et je demande pardon en son nom. C’est simplement qu’il était un homme de vérité. » A-t-on besoin d’une telle vérité ? Je comprends maintenant pourquoi on dit pour un défunt : « Baroukh Dayan ha-Emet », Béni soit Celui qui juge avec justice (Celui qui nous juge pour la vérité).

Avant de créer l’être humain, le Tout-Puissant consulta Ses attributs. 'Hessed (la miséricorde) dit : crée-le, il accomplira des actes de bonté. Mais Emet (la vérité) dit : ne le crée pas, il est plein de mensonges. Tsédek (la justice) dit : crée-le, il est plein d’actes justes. Chalom (la paix) dit : ne le crée pas, il est plein de conflits. Le Tout-Puissant prit Emet et la jeta à terre, parce que la vérité faisait du mal. Il dit : « La vérité germera de la terre. » Cela nous enseigne que, pour la création (et le fonctionnement) de l’être humain, la vérité n’est pas toujours ce qui importe le plus ; parfois, la bonté est plus importante.

À propos des mitsvot et des coutumes

Il faut accomplir la mitsva de l’allumage des bougies de tout son corps et de toute son âme. Il est dit : « Celui qui allume régulièrement les bougies aura le mérite d’avoir des fils érudits » (ha-raguil bener — yihyou lo banim talmidé 'hakhamim). La guématria du mot ha-raguil correspond à rama'h (248) membres de l’homme, et celle de bener au nombre de membres de la femme (252) — l’homme et la femme doivent accomplir la mitsva de l’allumage des bougies de tout leur corps !

Hanouka est une belle fête, lumineuse ; il faut embellir sa maison, se faire belle.

Hanouka est la fête d’Aaron le Cohen, dont l’attribut est Hod (הוד) ; il avait des vêtements sacerdotaux. Fais-toi belle — achète-toi une nouvelle robe ! Il faut créer une beauté juive dans la maison, l’opposer à la beauté grecque. Il faut être une mère joyeuse — em habanim semé'ha, même lorsque c’est difficile, même lorsque cela fait mal.

Oui, toutes, nous aimons être de pauvres malheureuses. Moi aussi, j’aime me faire plaindre, surtout le vendredi. « J’ai travaillé toute la semaine. Hier, je suis rentrée tard d’une conférence, mon mari dormait depuis longtemps ! Je suis tellement fatiguée. Personne ne m’aide. Et les enfants ne font pas attention à mon travail ! Et moi, je n’arrête pas de faire, de faire. » S’apitoyer sur soi est-il donc un tel plaisir ?! Non — c’est une tragédie personnelle ! Pourtant, nous aimons nous y complaire. Mais, au moins à Hanouka, il faut devenir une maman juive joyeuse.

Hanouka est la fête de ceux qui ont bon cœur. N’oubliez pas de prier pour vos proches, pour ceux qui ont besoin de délivrance.

Préparé par Mme Zissi Skarjinskaïa